‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 18 sur 278 · VITALISME · texte numérisé non relu

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que d'autre part la puissance physique et la puissance Tilale, se manifestent diverses, et souvent opposées. Décela seul, en effet, on est fondé à reconnaître trois domaines dans Thomme ; on peut même les nommer : aggrégat matériel^ principe vital, âme^ en ne disputant pas sur les mots et pourvu que la conclusion qu'ils expriment ne dépasse pas les prémisses. Mais les mots ont leur danger, et ceux-ci ont été préférés, parce que ceux-ci affectent aux trois genres de phénomènes leurs substances et leurs causes, des substances propres et des causes en soi. Dès-lors on ne se borne pa^ à distinguer des fonctions et des lois ; on sépare des essences, on édifie des hypothèses, et quelles hypothèses ! non de celles qui portent sur les faits, mais des êtres incompréhensibles. Est-ce là de l'observation ? Est-ce de l'induction légitime, lorsqu'il n'est pas possible de se faire une idée quelconque de la cause substantielle et sépa-* rée? On dit, il est vrai, qu'on ne se prononce pas sur la nature des causes ; cependant on les distingue, et c'est déjà les déterminer, outre que si elles demeuraient vraiment dans une indétermination totale, et que l'i*maginalion ne leur donnât point corps de quelque ma^ nière» elles n'apporteraient pas même un semblant d'appui à la science, et il n'en coûterait rien d'y renoncer.

Le sens commun pose une première distinction entre les phénomènes, la science les classe et vise à définir les rapports constants qui existent entre eux, entre leurs espèces, entre leurs genres ; mais celui qui divise leurs

ordres, même les plus tranchés, en les cantoi^nant

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dans certaines substances propres, celui-là $e retire tout moyen rationnel d'unir ce qu'il a d'abord séparé. On sait que la métaphysique a fait naufrage sur la question de la communication des substances. Or^ eom^ ment ne pas s'obliger à regarder ce problème comme résoluble, sinon à le résoudre, quand on prend l'o^*grégat matérieU le principe vital et Vdme pour des causes données dans des substances diverses? La dernière de ces causes ne se manifeste pas sans la précédente, ni celle-ci sans la première ; leurs rapports ne sont pas moins constants que leurs différences, et les lois qui les unissent sont les seules données à Tobservation et dont la science puisse se proposer l'analyse. Je ne parle pas des sciences abstraites.

Si nous nous plaçons pour un moment au potnt de vue de la métaphysique des substances, il nous seoible 'qu'elles devraient être multipliées beaucoup au-delà de ce qu'on a coutume de faire, et que les mêmes raisons qui portent à en distinguer deux ou trois permettraient d'en établir un grand nombre. Quant à la matière proprement dite, il est clair que les physiciens parlent de choses fort différentes, selon qu'ils admettent des atomes purement mécaniques* ou des molécules attractives et répulsives , douées de certaines affinités électives (c'est-à-dire des forces), ou encore des fluides impondérables à propriétés polarisantes. Il s'en faut que Vaggrégat matériel soit quelque chose de simple. 1^ principe vital, à son tour, se modifie d'une manière grave en produisant, ici l'absorption et la sécrétion dans* les cellules, là l'irritalHlité musculaire et la sen-

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sîbilîié physique liées au système nerveux. Enfin, dans Vdtne^ il y a une telle différence entre la pensée et le penchant, que de grands philosophes ont voulu recon* naître deux âmes: encore ne s'en contentaient-ils pas.On voit que nous pouvons poser ce dilemme : ou de la diversité des effets il faut conclure à celles de leurs causes substantielles : en ûe cas, l'unité de chacun des trois principes de l'école de Montpellier ne peut plus se dé-fendre ; au lieu de trois archées nous avons une mythologie complète et on se perd dans le conflit de toutes ces essences dont la communication est d'ailleurs un fait inexplicable; ou une même cause substantielle peut donner des produits essentiellement différents, alors le matérialisme a cessé d'être absurde, l'animisme est une théorie fort probable, et l'idéalisme a chance de se faire accepter.

L^anité des forces qui intègrent le corps humain vivant et qui conspirent à une même fin, dans l'état normal ou pathologique, est un point capital du vitalisme ; et c'est aussi le pivot d'une doctrine médicale. Mais cette unité ne se présente en fiiit ci pour l'observation que comme une unité multiple (une harmonie), à supposer qu'il puisse exister d'autres unités quelque part. Il y a donc là un fait immense et complexe à définir et à décrire, une synthèse que le but de la physiologie est d'établir scientifiquement après analyse préalable. Est-ce ajouter quelque chose à ce fait, est-ce le prouver ou le mieux connaître que d'en placer la raison dans certain principe, qu'on appelle tiital pour en déduire la vie, lin p our lui attribuer l'unité harmonique» cau$e

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