‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 186 sur 278 · LOGIQUE FORMELLE · texte numérisé non relu

LOGIQUE FORMELLE

tive, et sous les lois de la déduction et de Tinduction syllogisliques : d'où la démonstration logique pour toutes les sciences possibles. Le fond de ces relations n*est autre, en effet, que rétablissement d'un ordre des choses quelconques qui tombent sous la représentation, en tant qu'elles sont sujets ou attributs, sujets de sujets, attributs d'attributs les unes des autres. Cet ordre, les lois dent il se compose, forment une vraie science qu'on désigne depuis longtemps et avec juste raison sous le nom tout spécial de Logique. [Premier essai, § xxxiii et suivants.)

Si l'existence, la recherche, la connaissance des lois suffisent' pour déterminer la matière et la forme d'une science (et qu'est-ce donc, si ce n'est ct^la?), la logique proprement dite est bien une vraie science. Mais elle est tellement aisée dans la plupart de ses applications, que, frappé des abus de son formalisme à une certaine époque, on a pu travailler à l'exclure des études, et on l'en a effectivement bannie sans trop de dommage. Elle a cependant ses difficultés, son importance, et quoi qu'on fasse, sa suprématie. Sa portée s'étend des sciences logiques sans exception, auxquelles elle impose d'înévi-tables règles (la méthode des mathématiques est en partie expressément logique, non mathématique), jusqu'aux sciences physiques, où elle préside à l'usage, à la direction et aux conclusions de l'expérience, et jusqu'aux plus simples combinaisons de la parole et de la pensée. Il n'en saurait être autrement parce que les relations de qualité interviennent pour une part dans toutes les relations possibles;

500 SCIBIfCSS NON CONSTlTUfiKS : CRITIQUE GËNËRILE.

Les catégwies de causalité et de finalité ne donnent pas lieu à des sciences logiques spéciales.

En effet» d'une part, les rapports qui sont la matière de ces catégories apparaissent dans le monde de Texpérience ; Tobservation de la consécution constante de certains phénomènes dans un certain ordre est nécessaire pour déterminer que là est une cause, ou là une fin : sous cet aspect, la causalité et la finalité n'engendrent point de spéculation logique. D*une autre part, les rapports de cause à effet et de moyen à fin, considérés d'une manière générale et en eux-mêmes, sont des lois de la représentation (loi de force, loi de passion), lesquelles prêtent bien à l'analyse et aux théories, mais n'offrent pas celte complexité, ces ordres longuement et savamment développables des objets abstraits de la géométrie et de la dynamique. Les recherches et les systèmes appartiennent donc ici à l'analyse générale de la représentation, à la critique générale, en un mot à la science , science première , plutôt qu'à une classe particulière d'investigations scientifiques. C'est ce qu'on appelle philosophie. Quand cette partie des spéculations des philosophes qui a trait aux deux cat^ories dont nous parlons aura atteint toute sa rigueur, se sera fixée dans son assiette définitive, et je voudrais travailler moi-même à ce résultat en chassant de l'étude abstraite des rapports de cause et de fin les chimères objectives, d'ailleurs si étrangères à l'établissement des lois représentatives des phénomènes, alors on pourra regarder l'analyse de la causalité , l'analyse de la finalité^ comme deux sections distinctes de U

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science logique ; mais des sciences spéciales , selon le langage ordinaire, exigeraient toujours des objets moins simples et plus féconds en applications. (V". Premier essai, § xxïviï et ixxix.)

Restent maintenant les deux catégories qui enveloppent les autres aux deux points de vue extrêmes, la re^ latiùn^\a personnalité. Considérées généralemebt aussi, ^ elles rentrent dans la matière de la critique générale, c*esi-à-Kiire de Tanalyse des éléments universels de la connaissance. Sous leurs aspects particuliers, elles se rapportent, tantôt aux catégories déjà parcourues, tantôt encore aux différentes sciences de Tordre de l'expérience. Elles ne sauraient donc proprement donner lieu à des sciences spéciales.

Ainsi, nous sommes conduits à la division suivante des sciences logiques :

l"" ta critique générale, tronc commun de toutes ces sciences, car elle comprend l'établissement de leurs lois les plus universelles, lois dont l'élude est interdite à ces mêmes sciences qui les prennent pour données. Les catégories de relation et de personnalité, puis celles de caiésalité et de finalité, sont plus expressément les su* jets de la critique générale , et ne produisent point , jusqu*ici du moins, des branches distinctes d'une spéculation abstraite qui aient un domaine et des applications propres. Ajoutons que l'expérience elle-même, sa nature, ses lois et ses conditions ressortissent à la critique.

Dans Tétat actuel des choses, la critique générale

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doit élre séparée des sciences qu'elle domine, et placée hors de son rang, comme si elle constituait une sphère spéciale des connaissances humaines. Nous en verrons plus loin les raisons.

Malheureusement le critimme ne fait que de naître» et 01) sait ce que vaut, ce que peut, comme science, la philosophie, entre les mystères transcendants des uns, l^empirisme grossier des autres et les hypothèses de tous, obsédée par les dogmalismes anciens, toujours prêts à reparaître et à recommencer leurs cycles ;

?• La logique, dont l'acception la plus générale reproduirait la critique toute entière, mais qui, prise particulièrement, se borne à l'établissement des relations de qualité, considérées d'une manière abstraite, et des lois de leurs combinaisons.

Ajoutons à la logique la grammaire générale. La pure grammaire aurait pour objet l'établissement des lois et des signes des combinaisons de la pensée, ramenée à ses formes abstraites, c'est-à-dire aux catégories, et régie notamment par la catégorie de qualité qui se subordonne ici toutes les autres. Cette science est loin d'élre fixée comme la logique, ou plutôt elle est encore dans l'enfance (V. ci-dessus, § v.) ;

3^ La mathématique pure (arithmétique, algèbre, analyse mathématique], consacrée à la construction et à la recherche du nombre ou quantité *pure et de ses lois;

4"" La géométrie qui, s'appliquant aux relations de position et les liant à celles de nombre, a pour objet la

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