‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 194 sur 278 · CRITIQUE MORALE · texte numérisé non relu

CRITIQUE MORALE

Toute science dont la constitution n'est pas achevée, dont la divergence des doctrines humaines dénote an certain degré d'incertitude, bien que l'existence distincte puisse en être universellement admise, et que plusieurs des vérités qui en dépendent aient , de fait , un cours à peu près assuré ; toute science, dis-je, dont la séparation d'avec les spéculations philosophiques n'est pas accomplie sans retour, appartient aussi à la critique générale. Il en est ainsi, et de l'histoire, prise en toute son extension, mais surtout comme examen des traditions des peuples et recherche des lois des événements^ et de la morale, et de la politique, encore vouées aux systèmes, balancées entre l'empirisme et l'utopie, subordonnées d'ailleurs à la solution de certaines questions capitales de philosophie; et même enfin de l'économie politique, qui a bien pu circonscrire à peu près son domaine propre, mais non pas s*établir sur des principes pleinement et rigoureusement vrais et applicables aux faits, en même temps qu'indépendants de toute hypothèse politique ou morale.

Supposons cependant ces sciences constituées, ou, sans qu'elles le soient, considérons leur sphère commune : elles formeront alors sous le nom générique de morale, si l'on veut, en mettant seulement à part l'histoire et ses diverses branches, sur lesquelles nous reviendrons, une troisième grande division des connaissances humaines à ajouter aux deux divisions déjà tracées, l'une des sciences logiques, l'autre des sciences physiques.

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