‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 196 sur 278 · PHILOSOPHIE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DES SCIENCES

de connaissance pris en sa totalité, principes et conséquences.

Au-dessus des trois sections se place la critique dans sa plus grande universalité : l'analyse des lois et conditions premières de la connaissance, la recherche de la nature et de la possibilité de la science, Fessai de définition et de classification des nations fondamentales de tout genre, Texamen des objets suprêmes de la spéculation sur le monde et sur Thomme, enfin Tétude des fonctions humaines (rancienne psychologie) à laquelle on est conduit, nous l'avons vu, dans l'intérêt des autres investigations elles-mêmes et pour leur donner tout le cours qu'elles peuvent avoir, ou même les seules solutions qu'elles comportent.

Les deux premières sections se forment, et du premier contenu, et d'un développement aussi prolongé que possible des groupes de catégories dans lesquels les sciences logiques d'une part, les sciences physiques de l'autre, ont leurs fondements. Entre chacune des sciences séparées et l'étude abstraite des catégories qui la concernent, il est facile de concevoir un terrain mixte de critique générale et de science définie, où l'analyse s'attache à un groupe de principes propres, qu'elle suit dans le mode de ses développements requis et de ses applications principales dans cette science. Les spéculations connues sous le nom de philosophie dei mathématiques, philosophie de la chimie ^ etc., sont nées de cette convenance naturelle. Elles rentrent tou-

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tes dans deux classes, conformément aux divisions et au sens des mots précédemment établis : philosophie de la logique [ou des sciences logiques) et philosophie de la physique (ou des sciences physiques) . On pourrait même dire philosophie de l'esprit, philosophie de la nature, en termes plus vulgaires, s'ils n'avaient le défaut de rappeler les systèmes chimériques de quelques philosophes (1).

La troisième section est la morale telle que je Tai définie et classée, avec ses trois grandes divisions qu'expriment suffisamment ces noms très usités : éthique, économique, politique.

Passons maintenant aux sciences historiques. Elles forment, comme les sciences morales, des branches de la critique, dont le jour de la séparation n'est pas encore venu. Il suffirait pour le prouver de remarquer à quel point des hypothèses de toute nature influent, et sur leur méthode, et sur les solutions qu'elles croient pouvoir donner aux plus graves questions de leur do-

(1) Les appendices du Premier essai de critique générale, relatifs à la logique proprement dite, puis à Tétude générale des fonctions mathématiques, du nombre, de Tétendue, de la vitesse, etc., sont pour moi des tentatives de constitution de la philosophie des sciences logiques. Je suis loin de croire avoir épuisé ce sujet, où m'engageait principalement le désir de donner à mes catégories un développement et des applications de nature à les faire comprendre comme je les comprends. En tout cas, les sciences physiques réclament un travail analogue, dont je ne connais d'essai sérieux que la philosophie positiviste avec son hypothèse matérialiste et ses autres défauts.

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