‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 207 sur 278 · IDÉE GËNËRALE DU PROGRÈS · texte numérisé non relu

IDÉE GËNËRALE DU PROGRÈS

intérêts dominants continuent de soustraire à Taclion de la liberté beaucoyp de faits sociaux' qui seraient de son ressort; il y a loiH jusqu'à l'établissement d'ud contrat où l'autorité et la liberté ne se feraient que leurs parts justes et nécessaires. Mais du moins un usage prolongé de la discussion et du vote, joint à l'élévation progressive des esprits de ceux qui y prennent part, semble devoir conduire à la fin les hommes à la reconnaissance de cette première des vérités sociales : que l'autorité imposée ne doit point s'étendre au-delà des devoirs universellement avoués par les consciences li-* bres, et que tout le reste appartient à la liberté, c'est-àdire ne doit s'ériger en autorité dans ces mêmes consciences que moralement et sans aucune espèce de contrainte [i).

Hais les contrats historiques, dans leur passage de l'instinct à la raison, et des temps de l'habitude et de la force pure à ceux où dominent la discussion et la loi écrite, plus tard à travers les développements de l'intelligence et des affections humaines qui les modifient, sont de simples essais d'un contrat définitif idéal, dont la puissance confuse est donnée primitivement dans l'homme, et dont l'acte plein ne saurait se trouver qu'au but même de ses lents progrès vers la perfection de sa nature. Il est donc inévitable que le contrat, quel qu'il soit, règle des points de droit et de devoir étrangers à

(1) Ici chaque mot soulève des questions graves et délicates, que je n'ai pas même à indiquer en traitant de la certitude, mais qui sq retrouveront dans mon £5sat sur la morale.

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