‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 208 sur 278 · IDÉE GËNÉRALE DU PROGRÈS · texte numérisé non relu

IDÉE GËNÉRALE DU PROGRÈS

sa vérilaWe corapélonce, et en néglige d'aulres qui, par la suite, se révéleront avec un caractère de nécessité. Tous les principes ne se découvrant pas en un jour; une fois aperçus, leurs conséquences se déroulent quelquefois diiïicilement, et se pr^a tiquent plus difficilement encore. Mais enfln, la vérité avouée se fait place, et ce qu'on avait cru fondé à jamais on le renverse , et le droit aujourd'hui visible annule le droit convenu hier. Il en est de ces révolutions sociales , comme de celles qui bouleversent une conscience individuelle, avec de moindres chances d'erreur toutefois, à cause de la participation commune et du conflit prolongé de tant de consciences diverses, mais avec une tout autre lenteur aussi, car les siècles valent à peine des jours.

Les progrès sociaux , ainsi que les progrès individuels, sont surtout lents tant que les sociétés, comme la personne, demeurent sous l'empire des premiers instincts ou des habitudes contractées. Ils peuvent même en ce cas être tout à fait insensibles ou nuls, comme le prouve l'exemple de certains peuples très-anciens, qui ne furent pourtant pas sans génie. Ils se précipitent, pour les sociétés comme pour les personnes, quand la raison succède à l'habitude, et la libre possession de soi à la domination des passions et des choses. Lorsque le moment est venu qu'un peuple, préparé par les nobles tentatives de quelques hommes, ait en partie conscience de lui-mémeyil se saisit du contrat qui, jusque-là, liait obscurément ses membres. Il déclare son droit à l'entendre, à l'expliquer, à le renouveler, à le faire, comme s'il le créait d'une autorité sans précédents, suscitée du

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