IDÉE GÉNÉRALE DD PROGRÈS
fond universel des consciences. II tâche du moins de le rendre conforme au modèle de justice qui éclate alors dans les âmes. Heureux, et plus qu'il n'est possible sans doute, s*il peut soutenir longtemps un si grand effort sans retomber en partie sous un joug que la fatigue ramène, et qui reste encore trop cher à beaucoup de ceux qui le portent I
Au moment où les personnes et les peuples, dans leur ayénement à la liberté , prennent possession du contrat qui les lie , la chaîne des traditions est rompue. On reconnaît alors que la tradition ne peut obliger rhomme, ni en matière de foi ni en matière de science, parce que la science doit lui devenir personnelle par acquisition, vérification, examen, la croyance plus encore, n'étant que le produit de ses plus intimes forces morales et d'un accord spontané entre l'élan du cœur et la connaissance réfléchie des choses. £n matière de faits, la tradition dans ce que l'on réputait jusque-là le plus sacré , appelle à son tour la critique, et une critique sévère, impiloyable : l'observation et l'histoire elle-même prouvent, en effet, à quel point et avec quelle ardeur les hommes de certaines époques et de certaine culture se précipitent dans l'affirmation de l'arbitraire et du merveilleux qui parlent à leur imagination et à leurs passions. On cesse donc d'appliquer aux faits de prodige et aux événements dits surnaturels la règle commune des témoignages. On ne nie point, ou du moins on ne doit pas nier l'extraordinaire quel qu'il soit comme extraordinaire, ni le surnaturel apparent en vertu de cette apparence , d'ailleurs difficile â définir ;