SI LES ÊTRES OMT DES DESTINSES INDIVIDUELLES
€ veaux individus tout pareils , échappant aux causes <i destructives, en suscilenl d'autres à leur tour avant « de s'effacer ; ses préférences, ses fins» l'objet de sa « préoccupation unique sont les espèces, la perpétuité a des espèces. » Mais qui nous prouve que les espèces sont perpétuelles et non pas simplement longèves? La terre en a vu périr. Nous en avons sous les yeux qui tendent à disparaître. Notre globe a subi des révolutions qui furent en même temps des phases de production et de destruction de nombreuses familles d'ôtres. Une induction, cette fois très probable, on ne le contestera pas, doit nous porter à penser que les espèces actuelles auront leur jour de périr; et il n'importe guère ici que ce jour soit éloigné ou prochain. Avouons donc que si la Nature ne prend nul souci des individus, elle parait ne point porter aux espèces mômes un intérêt suffisant. Ou, si le principe de finalité, qui nous tient au cœur plus que bien des philosophes n'en conviennent, engage à croire que les espèces ne sont pas sacrifiées dans le plan définitif de l'univers, dans son ordre le plus profond, reconnaissons aussi qu'une certaine perpétuité des individus n'y raessièrait pas.
A cette hauteur prétendue où certain panthéisme veut que notre esprit s'élève dans le mépris de l'individu, phénomène transitoire, et jusque de l'espèce, manifestation partielle, variable, emportée dans le flux éternel de la grande Vie , que reste-t-il qui puisse élre un digne objet du sentiment de l'homme et un point fixe pour sa pensée? La Maia brahmanique fit le désespoir des bouddhistes qui embrassèrent le néant pour leur