‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 222 sur 278 · DISCUSSION DE LÀ FORMULE DE LA LOI «ORALE · texte numérisé non relu

DISCUSSION DE LÀ FORMULE DE LA LOI «ORALE

ture elle pourrait vouloir ce que , selon Rant , on fie peut pas vouloir. Il faut donc avouer que le senlimenl moral, la passion du bien, l'amour des êtres sont des éléments de la loi et des conditions de sa représentation.

Nous repousserons en même temps le paradoxe que Kant énonce encore de cette manière : « I^ notion du bien et du mal n'est le fondement de la loi morale qu'en apparence; elle n'est pas déterminée avant elle; au contraire, sa détermination en procède. » La loi morale ne peut être comprise ni définie sans la notion du bien et du mal, nous venons de le prouver par l'énoncé même de Kant. Hais la notion du bien et du mal n'atteint son universalité et sa pureté que lorsque la loi morale est conçue de manière à produire une formule abstraite, voilà ce qu'on doit accorder. Que la morale soit donc universelle ; qu'elle soit désintéressée autant que celle universalité l'exige; c'est assez pour que nul ne puisse l'accuser justement d'être tout empirique, ou de réduire le bien à ce qu'on nomme vulgairement Yutile. Mais si elle prétend s'établir dans Vapriort pur, sans éléments tirés de l'expérience, et des impressions du sujet sensible . elle se rend étrangère à la raison pratiqt^ dont elle veut être l'interprète ; elle ouvre dans la science une entrée détournée aux chimères, inutilement bannies de la raison pure.

J'aurais pu m'en référer, sur cet important sujet, à ce que j'ai établi touchant l'indissolubilité des grandes fonctions humaines et l'essence complexe de la certitude, mais j'ai préféré me tenir plus près de la pensée

Page 1