G RÉSUMÉ DE LA DISCUSSION
quelque chose en soi. El lorsque je cherche à formuler un acc(»rd dont la conscience morale éprouve le besoin, entre la loi qui est sa propre règle et les lois externes, en grande partie inconnues, qui constituent ce qu'on nomme la nature , je trouve encore avec Kant que la première condition de cet accord est Vimmortalité. Mais encore ici nous devons nous expliquer Timmorlali(é comme une loi, et non la traiter de miracle. Enfin, lorsque je me demande le nom de cette grande harmonie de la conscience et de la nature, de cet ordre éminent du monde, j'accepte sans difficulté avec Kant les prestigieuses lettres que tout homme prononce pour désigner ce qui lui parait , selon ses lumières, le bien souverain de l'univers : la divinité. Mais alors je ne connais Dieu, que par l'existence de cette loi, unique entre toutes, qui assure et harmonise les fins diverses et suc* cessives des êtres. N^exigeons rien de plus de la philo' Sophie, ni garantie illusoire de la loi, extérieure h celte loi même, ni être incompréhensible qui la renferme. Ce serait forcer le philosophe à se leurrer lui-même et à nous leurrer de mots dont l'insignifiance n*ôte pas le danger, substance, cause en soi, infini, absolu; ou à sortir de la science et de cette foi que Kant a si bien nommée la foi rationnelle, pour embrasser des croyances anlhropomorphiques, légitimes sans doute si elles étaient pures d'idologie métaphysique, mais d'autant plus dénuées de tout caractère obligatoire pour la raison.
Il me reste à développer ce que j'indique ici, à reprendre pour le compte d'un criticisme conséquent les trois thèses de la raison pratique, liberté, immortalité.