‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 233 sur 278 · S XXII · texte numérisé non relu

S XXII

Hé la liberté et de Im destinée imntor telle de l'homme.

Je résumerai brièvement les motifs à Tappui de la thèse de la liberté, la question devant paraître épuisée après qu'elle a été traitée à deux reprises, d'abord dans l'analyse des fonctions réfléchies de la conscience, ensuite dans celle des conditions de la certitude.

La liberté se pose en fondement de ces probabilités morales auxquelles la conscience est invitée à donner son assentiment. De là résulte le seul caractère possible de certitude intime que la vérité comporte dans l'ordre des choses pratiques, et jusque dans cet ordre spéculatif où les philosophes ont travaillé vainement à s'affranchir de leur franc arbitre. Enfin c'est de l'homme libre aussi qu'est réclamé le libre assentiment même à la vérité du fait de liberté. Les motifs qui lui sont soumis à cet égard peuvent se récapituler ainsi :

l"" La critique a ruiné l'autorité des doctrines dont le parti-pris le plus ordinaire était l'opinion de la nécessité universelle, physique et morale.

f!" Les sciences, dont la nécessité est le mot d'ordre, puisque leur objet est la recherche des relations constantes, s'arrêtent devant ceux des phénomènes particuliers dont l'existence, donnée ou non donnée, d'où que

(i08 RÉCAPITULATION DES PREUVES DE LA LIRERTÉ.

leur forme se détermine d^ailleurs, dépend d'un fait de volilion. Ces sortes de phénomènes échappent à la prévision scientifique, si ce n'est quelquefois par leurs degrés de probabilité et dans leurs moyennes approximatives. Les faits généraux qui les impliquent, et en sont partiellement des fonctions, ne se laissent systématiser dans le passé ou dans l'avenir que grâce à la considération des résultantes, pour lesquelles un grand nombre de volontés se neutralisent.

3° Le calcul des probabilités est fondé sur Timprédétermination au moins apparente des phénomènes. La nécessité est une hypothèse gratuite, par conséquent vicieuse, qu'on y introduit, et qui rend la loi des grands nombres d'une interprétation plus difficile et détournée.

4'' La liberté et la nécessité n'étant pas plus incompatibles l'une que l'autre avec les faits, considérés d'un point de vue purement logique, et l'une ou l'autre devant être vraie, puisqu'elles sont contradictoires entre elleSf il faut juger l'existence d'un fondement réel de rimprédétermination apparente plus vraisemblable que celle d'une loi de détermination absolue, dont l'une des propriétés serait cette apparence décevante ; et la conscience réfléchie affirmera l'ambiguité des futurs, parce qu'on se la représente inévitablement dans la pratique spontanée ( inévitablement , même avec une conviction contraire), plutôt qu'elle n'acceptera une loi dont les auteurs offrent en garantie leurs spéculations sur la causalité universelle et le monde apriorique.

5** L'erreur et la vérité, dans les spéculations et les

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