DE L*IMM0RTAL1T£ QUANT AUX FINS DE LA LIBERTÉ
lité au-delà de la mort, afin que ces tendances ne soient point des moyens dénués de fins, et inscrites en faux contre Tordre général de finalité et l'harmonie du monde. Ensuite des raisons apostérioriques viennent combattre cette conséquence, mais sans rifn de démonstratif : inductions précipitées, tirées de la décomposition sensible delà fonction qui fut l'homme, et d^no- Ire ignorance de tout ce qui résisterait, persisterait ou se recomposerait, au-dessous, au-delà, dans les régions futures. Cet argument pris du jnon connaître est d'une importance imaginative et passionnelle incontestable, en ce qu'il oppose à*un invisible hypothétique, à un futur supposé qui ne pèse rien sur la sensibilité, ces images de mort, cet anéantissement apparent dontpous sommes très profondément affectés. Mais sa portée rationnelle est faible, car l'ignorance ne permet pas de conclusion, la réflexipn ne mesure point l'étendue de l'ordre et des fonctions de l'univers sur le champ si étroit de nos aperceptions actuolles. Enfin, sa valeur proprement dialectique est nulle aux yeux du logicien qui se rend compte de l'inconsistance des preuves négatives. Etceji'est pas la fastueuse philosophie 4e l'identité qui, confondant le contenu actuel d'un esprit donné avec l'ensemble des choses réelles ou possible», parviendra jamais à substituer son hypothèse gratuite ^ cette autre hypothèse appuyée d'un sentiment indestructible.
Considérons maintenant l'homme avec sa liberté, soi^s le régime de la loi morale. L'argument de Vm-
DE l'immortalité QUANT AUX FlfSS DE LA LIBERTÉ. GI7
mortalité va revêtir un caractère nouveau. Nous le formulerons avec toute la brièveté possible.
Toute science suppose des lois, toute recherche a un ordre pour objet. L'ordre que l'expérience ne donne point, l'expérience et la spéculation le poursuivent ; une anticipation nécessaire de la pensée l'envisage, quoique indéterminé, latent, et on ne croit point qu'il y ait des limites au-delà desquelles les phénomènes cessent d'être liés et dans une dépendance harmonique les uns des autres.
La morale comme toute autre science doit user de l'hypothèse de l'harmonie. Elle y est même plus particulièrement tenue, pour trouver une sanction de ses lois dans le macrocosme, et pour lier les phénomènes propres de la conscience avec les phénomènes généraux,
L'harmonie que la morale a toujours impérieusement réclamée, comme le prouvent les objections anciennes et rebattues contre la providence des théologiens (et quoique la conscience ne laisse pas de se sentir obligée par ses lois quand même elles sembleraient des hors-d'œuvre dans l'univers) , c'est l'accord de la vertu avec le bonheur. Or cet accord, l'expérience actuelle le dément. Il reste donc à le supposer réel sous une condition de temps. L'harmonie se trouve alors réparée logiquement. Elle devient moralement irréprochable s'il est possible de s'expliquer la condition, c'est-à-dire le désordre actuel ou le délai de l'ordre, comme une propriété de cet ordre lui-même, de l'ordre véritable des fonctions de la personne et du moode. Le problème se résout par lu