‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 247 sur 278 · HYPOTHÈSE DE LÀ P1LIN68NÉSIE COSMIQUE · texte numérisé non relu

HYPOTHÈSE DE LÀ P1LIN68NÉSIE COSMIQUE

ment plus grand. Mais ne prenons pas ce mot p(friode à la rigueur et dans un sens d'identité. Adoptons cette ancienne doctrine des stoïciens qui croyaient à la destruction et aux palingénésies successives de T humanité et du monde ; mais transformons-la par Tidée de progrès. M'attendons pas, après l'ère de la grande année et le cataclysme final, de nouveaux empires asiatiques tout semblables aux premiers, et une nouvdle Athènes, un autre Marathon, et les figures exactes, identiques de Périclès et d'Aspasie, d'Épicure et de Zéiion. Substituons la liberté au système fataliste. Pourquoi un organisme universel, aussi facile à supposer qu'impossible à décrire, ne relierait-il point l'histoire passée à l'histoire future , en reproduisant les personnes et les corps modifiés tout à la fois selon les lois générales et par les effets naturels attachés à l'exercice de la liberté durant la vie antérieure? La mort de chacun de nous, depuis le moment de sa dissolution jusqu'au temps marqué dans le monde à venir, serait un long sommeil d'anéantissement sous l'empire exclusif des forces physico-chimiqiies, long sans doute, mais pour qui? Sans doute pour tout autre que celui qui l'apprécierait du fond d'une conscience absente. Réfléchissons, et voyons bien que le mystère est le même pour une suspension de vie ou de pensée d'un centième de seconde, ou pour une période d'obscurcissement de cent siècles. Et quand l'intermittence est une forme essentielle de l'ordre des représentations dans le temps, il n'est pas moins déraisotinable d'en exiger l'explication qu'il le serait de vouloir rendre compte des représentations elles-mêmes.

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