‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 257 sur 278 · PEINES ET RÉCOMPENSES. G · texte numérisé non relu

PEINES ET RÉCOMPENSES. G

gardent le corps à venir. Où est surtout amené à le penser, quand on suppose, au sein de ce qui est, le germe et les rudiments de ce qui sera, un organisme en préparation dans les profondeurs de celui qui occupe maintenant la scène. Mais dans tous les cas, sous toutes ses formes, l'hypothèse de la palingénèsie a pour complément nécessaire une relation posée entre la vie morale présente et Tétat organique futur, afin que soit possible le progrès par la liberté, c'est-à-dire la loi même qui a été le premier principe de notre spéculation. Si au lieu d'une suite ininterrompue de transformations de l'être, nous admettons la donnée des intermittences, ' aussi graves ou prolongées qu'on les voudra , l'harmonie générale des phénomènes moraux et des phénomènes physiques suffit toujours pour nous donner l'intelligence de là relation qui nous intéresse ici : or toutes les hypothèses impliquent également celte harmonie, nulle ne peut viser à l'expliquer, et nous ne saurions avoir dans aucune la prétention d'en connaître les moyens.

Ce complément des hypothèses palingénésiques n^est autre chose, on le voit, qu'un système de récompenses et de peines attachées à l'exercice de la vie présente, et sous l'espèce des vies de nature supérieure ou inférieure qui la suivent en vertu de l'ordre du monde. La définition de ces vies surpasse l'esprit et les forces de la philosophie morale : il appartient à des religions d'essayer de les préciser en précisant l'essence de Dieu. En sa généralité, la donnée des récompenses on des

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peines, celle des vies qui les composent, se rattache à la notion la plus générale de la divinité, à Dieu comme Bien, comuie réalité externe de Tharmonie des lois du cosmos et du progrès des personnes. Que ce Dieu soit liii-méme personnel, ou que nous ne puissions autrement déterminer ce qu'il est qu'en posant l'objectivité de Tordre et l'universalité des lois morales, nous verrons toujours dans le système des rémunérations une grande loi de la nature , et non de purs etTets de la sentence actuelle d'un juge. Nous le devons ainsi.car le plan du monde, en toute hypothèse, est manifestement réglé par des lois générales; et la volonté des agents libres ayant sa place en ce monde, y doit avoir aussi la place naturelle de ses œuvres et des conséquences de ses œuvres. Mais, enfin, le moment est venu de s'expliquer sur cette question de Lot nature de Dieu, que nous avons si long* temps ajournée.

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