G72 81 L*ORDRE MORAL DO MONDE
en sa généralité peut-il être conçu exister d*une réalité externe et n'exister pas représentatirement dans une certaine conscience?
Le vice de Targument, dont notre raison pratique ne nie point les prémisses morales, convenablement interprétées, est de nous conduire subrepticement à Taffirmation de la synthèse universelle, que nous savons être inaccessible à la connaissance. Il est vrai que je ne comprends la loi de finalité que sous condition d'une conscience posée , apte à poursuivre un but. Il n'est pas moins vrai que je crois pouvoir généraliser cette loi, caractéristique de ma conscience propre et, plus obscurément, de tout Tordre représentatif et passionnel de la nature* Mais suis-je obligé d'en chercher l'origine premièrci et de la placer dans l'unité d'une anticipatioD et d'une compréhension parfaite de la série des phénomènes 7 Ne puis-je donc penser qu'elle a fait son apparition et suivi sa marche multiple, dans la mesure de l'avènement des êtres , selon leurs degrés d'avance^ ment , avec les rapports mômes de puissance et de tendance, parties inséparables de leur constitution naturelle ?
Quand on dit que le Bien en sa généralité, la loi uni-* verselle des fins, ne saurait être donné extérieurement, à moins de procéder d'une intelligence qui se le représente, on veut que celle-ci enveloppe à priori l'univers réel, l'univers possible, avant les temps, sans limites dans l'avenir : c'est le sens avoué du théisme métapby* sique: Hais en posant cette fin unique et dernière des phénomènesi on tombe dans l'impossible et le contra-