CONDITIONS RATIONNELLES D'UNE PERSONNE DIVINE. G
mettent les sciences. En un mot, il nous semble possible de croire à la réalité externe du bien, à la destinée progressive des êtres , à la subordination de la masse des phénomènes que nous connaissons et qui nous intéressent, vis-à-vis d'une loi de finalité dont ils sont euxmêmes, et dans leurs rapports nécessaires, à la fois la matière et la forme, sans qu'il soit besoin pour cela de nous forger la chimère de l'universalité métaphysique et absolue des fins, au sein d'une personnalité sans limites qui s'en donnerait la représentation éternelle.
Les difficultés insurmontables, c'est-à-dire les contradictions que rencontre l'hypothèse de l'unité intégrale des fins, dépendent exclusivement du caractère d'absolu sous lequel on ne manque jamais de l'étouffer {Premier essai, § l) . S'il s'agissait seulement de poser une conscience générale correspondante à la généralité que l'on peut considérer dans les fins, bornée comme le serait cette synthèse, et ne dépassant point la connaissance possible, alors il y aurait vraiment question. Le problème de la personnalité de Dieu serait limité, intelligible. C'est ainsi que nous l'envisagerons maintenant.
Nous n'avons plus, pour nous guider et nous déterminer, l'argument qui prétendait prouver la personne de Dieu par les fins de l'univers, expliquer celles-ci par celle-là ; au contraire, nous nous représentons une telle personne comme assujétie elle-même aux lois dont l'origine première et l'essence intégrale sont insondables, et la finalité est une de ces lois. Nous lui refusons les