‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 262 sur 278 · CONDITIONS RATIONNELLES D*UN£ PERSONNE DIVINE · texte numérisé non relu

CONDITIONS RATIONNELLES D*UN£ PERSONNE DIVINE

attributs infinis de tout genre, et Télernité antérieure, et Tuniversalité sans bornes, et la prescience accomplie de rindéfînité des possibles. Nous limitons ses facultés eu égard à elle-même, afin de pouvoir la comprendre comme intelligence et volonté, comme être fini, parfait ( teleios, non apeiros , nous n'en concevons pas d'autres), dont les fonctions satisfont à des conditions de nombre, de temps, d'espace, etc. Nous les limitons encore eu égard à nous, parce que notre liberté, que nous croyons réelle, est une borne à son pouvoir et à son entendement ; parce que la création qui lui soumettrait cette liberté , quant à l'origine du moins , est une sorte d'imagination abstraite et chimérique indigne d'arrêter un philosophe. Enfin nous avouons franchement ce Dieu, s'il est, pour le premier des êtres, être comme eux. Il aura la perfection de moralité, bonté, justice (n'est-ce déjà assez?), et celle-là n'implique point contradiction. Il jouira de sa vie, possédera ses puissances, projettera ses actes avec une portée d'expérience et d'intelligence extrêmement plus vaste que nous, aussi supérieure à tout ce qui est de nous qu'on voudra le concevoir et qu'il sera possible de le définir, mais pourtant renfermée dans ce qu'il faut de bornes pour que, à force d'abstraction et de généralisation abusives, ses facultés ne disparaissent pas devant les nôtres, tandis que nous penserions anéantir les nôtres devant les siennes. Et il disposera des causes et des fins de notre monde, autant que le permettent la liberté et l'individualité des personnes qui ne sont pas lui, et les lois générales sous lesquelles il ^e représente sa propre existence enveloppée.

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