CÀRÀCTÊRB MORAL DE LÀ DOCTRINE DE L4 PLURALITÉ
à leurs natures données. Et comment, pourquoi, sur quel fondement? Nous savons que l'hypothèse de l'unité ne peut pas davantage éviter ce problème, ou le résoudre en le reculant.
L^immortalité est la grande foi morale de cette doctrine. Aussi a-t-on vu les croyances polythéistes de l'antiquité devancer les autres sous ce rapport. C'est que Tadoration d'une divinité jalouse ne posait point pour elles un principe de concentration et d'absorption de rêtre , d'où le sentiment religieux et l'esprit spéculatif pussent déduire le néant fondamental de toute autre vie. L'immortalité naturelle des personnes, l'existence dès-lors très admissible de personnes supérieures et célestes, dont l'ordre de dépendance n'est point rigoureusement déterminé, telles sont donc les thèses essentielles du polythéisme. Par là même, tout système de croyances qui peut porter ce nom se trouve caractérisé dans son opposition avec les religions absolutistes et monarchiques, et par sa disposition innée à envisager le monde comme une République des êtres. Historiquement, il est inutile de rappeler tout ce que l'arbitraire des superstitions, la grossièreté des temps, le mélange de dogmes hétérogènes , ont dû apporter d'altérations dans le concept démocratique religieux. Certes, ni le culte de latrie, ni les sacrifices barbares n'ont fait défait défaut aux pratiques du culte polythéiste. Hais considérons l'idée en elle-même, et nous reconnaîtrons ses propriétés naturelles, conformes au type de croyance que nous avons essayé de dégager. Les développer nous mènerait trop loin, mais il est facile de résumer en