‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 28 sur 278 · VICES DES SYSTÈMES · texte numérisé non relu

VICES DES SYSTÈMES

tre des choses qui n*ODt spécifiquement rien de commun ; on se fonde pour cela sur Tordre des causes, et, de même que tout à l'heure, on considère les fonctions animales comme des effets du système nerveux. Il suffi* rait de réduire les rapports de causalité à ce qu'ils ont de positif pour que les phénomènes apparussent dans leur harmonie et leur dépendance mutuelle; Mais, quand nous posons les forces dans des substances, il* nous devient impossible de comprendre comment telle substance inconnue produit des effets qui, parle fait,\ dépendent du cerveau, tandis que le cerveau lui-même est engendré par la substance commune de l'organisme. La difficulté qui nous trouble est tout entière dans les entités dont nous surchargeons les lois de la nature.

Le physiologiste qui se laisse mener par la métaphyque des causes substantielles sur le penchant du matérialisme est le môme que la même métaphysique a conduit ailleurs à attribuer la génération des organes à une force unique dirigée par une fin (1). La contradiction n'est pas du savant, mais elle est de sa fausse philosophie. Une double tendance existe, également justifiée dans les deux sens, ou également erronée : les fonctions inférieures précèdent les fonctions supérieures (dont elles sont les conditions), et, sous ce point de vue, la substance et cause par excellence est donnée dans la matière la plus simple et la plus élémentaire;

(i) Manuel de Physiologie, de J. Miiller, p. 526 pi 483, t. U, de U traduction française.

l'intelligence et les catégories. . 57

mais la matière est disposée d'ordre en ordre pour une fin, dont la sensibilité et rintelligence font par lie, et à cet égard l'esprit doit préexister h toutes choses et à Ivi-méme, en sorte que la cause et la substance sont en lui et en lui seul. Il n'est pour la science qu'une solution possible de cette contradiction : l'harmonie des phénomènes, l'éliminalion des substances et des causes substantielles. Cette doctrine est rigoureuse ; aucune autre n'est logique; mais l'ancienne philosophie se prétait à la construction d'un système sur une base donnée quelle qu'elle fût, parce que les phénomènes des genres les plus divers se succèdent et s'enveloppent mutuellement.

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