‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 35 sur 278 · hONCTlOff DK CHiiSGRMKMT · texte numérisé non relu

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à un ordre de position. On voit que ces deux catégories el ces deux fonctions sont des formes également nécescessaires de rentendement. Les fonctions de nuoiération el de comparaison décrites ci-dessus« y prennent une part non moins indispensable et universelle. Nous avons à 'considérer maintenant la loi de changement.

J'ai expliqué ailleurs comment la catégorie de devenir est distincte de celle de durée et par quel jugement synthétique elles s'unissent (Premier eisai, § xxvi) ; mais, au point de vue des représentations réelles, la synthèse est constante, el les éléments qui la composent ne se séparent que par une abstraction violente. Je veux dire que, en fait, des rapports de succession ne viennent à la conscience que liés à des rapports de devenir. L'entendement ne fonctionne que sous condition d'une expérience quelconque, et toute expérience est un changement.

Aucun nom particulier n'a été affecté à cette fonction de l'entendement qui attache une loi de devenir aux phénomènes successifs, et les unit sous ce rapport. Cependant, et malgré l'inhérence de la représentation des limites et intervalles de durée à celle du chaugement, on ne saurait voir dans ceiled une simple succession de phénomènes dans la conscience, avec connaissance de leur diversité . Il faut de plus un variable^ et il n'y a de variable que ce qui demeure constant à quelques égards ; le même seul peut être dit varier. Ce même se détermine par certains rapports comme fixes, par un ensemble de caractères tirés du

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Keu, de la figure, des formes sensibles, ou des faits propres de conseienee, si la conscience est le sujet posé : entre tous ces rapports qu'on envisage il s'en trouve un qui, affirmé maintenant, est nié pour une limite de temps aussi rapprochée qu*on veut de la première, mais toujours distincte, et ceci en vertu de Vexpérience ; or la fonction qui rapporte ainsi le métne et Y autre à un sujet unique n'est pas l'expérience ellei&éme, ou la sensibilité, qui donneraient des faits détachés ; l'imagination, la perception des distances et des figures, y jouent un rôle essentiel, quand il s'agit de ce changement spécial qui est le mouvement, mais leur point de vue est fixe, et le mouvement n'en résulte pas; la succession y intervient toujours, mais succession n'est pas changement; enfin ce n'est pas tout de faire à uH même sujet deux attributions diverses et contraires, si la diversité ne s'applique sous la condition d'un intervalle de temps xjueleoaque, et c'est cette dernière synthèse qui constitue proprement la fonction par laquelle l'e.i tendement juge du devenir des choses.

La fonction de changement, pour lui donner maîn«tenantce noQi, est, ou passive ou active. Passive, c^estàdîre sans réflexion ni volonté, elle gouverne la per-^ ceptioB du mouvement et de toutes les variations des oorps> et elle préside aussi à la distribution des états de la conscieiice dans le temps, obscurément rapportés à cette conscience même (ou k ce qu'on appelle Tu ni té du moi] : dans l'une et l'autre de ces sphères, il serait dîflSciie de ne l'accorder en aucune manière «lux animfeiux. Active, dragée de l'instinct, synthèse clairement

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aperçue, elle peut porter sur les mêmes phénomènes, comme obserTation réfléchie et volontaire ; mais alors le devenir fondamental est sous la dépendance de la conscience : ensemble de lois permanentes et de phénomènes régulièrement distribués dans le temps, celleci s'apparait en outre comme la cause de modifications pour lesquelles la loi de changement est subordonnée à la loi de volonté. Je n'ai à considérer ici que le devenir passif, qui peut aussi être Tobjet de la réflexion, et qui est tel chez l'homme.

Si la fonction que je viens de définir n*a jamais été nommée, la raison en est simple; c'est qu'elle est à ce point fondamentale en tout exercice de la pensée que les hommes la possèdent également et universellement. Il en est de même de la mémoire et de l'imagination réduites à leurs principes , mais le sens de ces deux derniers mots dans toutes les langues se rapporte au développement variable que présentent l'énergie de ffroductian des images et de beaucoup d'autres relations, et la puissance des souvenirs pour difiërents objets à de plus ou moins longs intervalles. Sans doute on n'observe pas non plus dans tous les esprits la même promptitude et la même acuité de perception des changements, mais on a trouvé facile d'exprimer ces dififérences en les envisageant dcms la sensibilité ou dans l'imagination , quoique les attributs du mouvement ne conviennent pas proprement à ces fonctions.

Nous venons de considérer la conscience comme devenir, mais sous le rapport de la représentation qu'elle

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