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mouveoients, autre chose, la série des fantômes représentatifs, phénomènes d'imagination, de mémoire, de raison, etc.
Hume aborda la question par l'analyse des données de conscience ; mais il en aperçut si peu la généralité que, voulant énumérer les espèces de Va^iociation, il en compta trois. Reid, son antagoniste, reconnut que ioute etpèee de rapport peut conduire l'esprit d'une pensée à une autre, et, il en est de mime^ dit-il, 4e toute espèce d'opposition et de contrariété, comme si. les contraires n'étaient pas aussi des relatifs. Faute de généraliser la notion de rapport et d'envisager dans une représentation quelconque une relation, ce philosophe ne parvint pas encore à voir dans la loi de la pensée ce qu'il y a d'irréductible, la conscience même en tant que devenir, et il tenta de ramener les associailions soit à Tbabitude, quand elles ont été répétées, soit, primitivement, aux principes actifs de notre constitution^ aux appétits, à la raison^ etc. Cependant ces dernières fonctions n'expliquent l'association qu'autant qu'elles l'impliquent : il n'est donc pas possible d'opérer une véritable réduction à cet égard ; ou plutôt c'est à la seule conscience, dans la plénitude de toutes ;es puissances que chacune de celles-ci doit se réduire. Quant à l'habitude , on ne saurait y placer le premier principe de l'association, à moins d'admettre qu'il n'existe point d'association naturelle, ou que la nature et la pensée sont déjà des habitudes acquises, ce qui nous jetterait dans l'infini et hors de toute connais-
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sance logique (1). Un autre psychologiste, D. Stewart, a soutenu tout au contraire que le pouvoir de rhabi^ tude peut se résoudre en faculté d' auociation ; mais ici je ne trouve une vue suffisamment générale ni de ce pouvoir ni de cette faculté ; et c'est un exemple de plus des vices de l'empirisme grossier qui, en présence des faits complexes de l'observation, ne sait jamais comment et en quel ordre il faut conduire l'analyse et formel la synthèse. Revenons à nos théories.
La conscience étant considérée comme pensée» c'està-dire avec le changement qui lui est inhérent^ nous Toyons d'abord qu'elle peut offrir autant de modes de transition qu'il y a de rapports entre une représentation donnée et les représentations possibles : chaque élément d'une catégorie amènera son corrélatif opposé (autre -- même, un — multiple, point — espace, ins* tant — temps, acte — puissance, etc.], ou son terme synthétique (partie — tout, différence — espèce, etc. ), ou son contenu logique ( étendue — figure , cause — effet, fin — moyen, etc. ) ; lés termes quelconques joints dans une catégorie s'amèneront de même réciproquement (les parties, les semblables, les contigus, les qualités de même ou de différente espèce, etc.); les jugements qui unissent les catégories diverses donneront
(1) M. RataissoD a certainement pris V habitude dans Facception la plus générale de ce mot, ou Vasiociaiion des idées dans un sens bien étroit quand il a écrit dans un beau travail que j'aurai encore occasion de citer : C'est par la loi , c'est par le principe de l'babitade que s*explique Tassociation des idées. » (De r^ToNlude, p. 44.)
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aussi leurs transitions ( comme de l'étendue à la durée, de la durée au devenir, du devenir à la cause, etc. ) ; enfin les. représentations les plus complexes pourront 8'appeler les unes les autres par des rapports d'analogie ou de contrariété, alors même que les similitudes porteraient sur les caractères les plus extérieurs, comme ceux qu'établissent les mots, les conventions du langage. Hais comment se forme une série de pensées? comment un objet se pose-t-il en rapport avec tel déterminé, lorsque d'autres rapports et d'autres objets s'ensuivraient tout aussi logiquement? L'expérience externe a souvent formé des suites que la mémoire et l'imagination ne font après que répéter ; la volonté, s'il s'agit de l'homme, en a disposé d'autres qui se reproduisent spontanément : ici s'annonce l'habitude. Hais ni la folonté ni l'expérience ne renferment les instincts et les appétits; or ces fonctions enveloppent des séries de modifications de conscience, dont elles sont inséparables. Antérieurement à l'expérience acquise, à la volonté réfléchie, à l'habitude contractée, chez l'animal et chez l'homme, elles inscrivent dans la pensée la nature, les pensées naturelles. L'appétit de l'animal est, en vertu de ses fins et moyens, le principe d'une série dont la double expérience , interne et externe , déroule les termes ; et il n'est pas possible de remonter plus haut sans se perdre dans les questions d'origine première. D'autre part, les sensations, les perceptions, amènent des changements de conscience, principalement en tant qu'elles posent des fins, ou les favorisent, ou les contrarient. Ainsi la loi de flnalité est celle qui préside