LOI DU DEVENIR DE CONSCIENCE
avant tout aux séries de pensées. La raison et la volonté, quand elles paraissent et s'exercent d'une manière formelle, n'ont elles-mêmes, en fait, aucune acti* vite, qu'elles ne se proposent un but à atteindre.
Ce résultat pouvait se prévoir, car la catégorie formée d'une synthèse de l'état et de la tendance , implique précisément le changement de la pensée avec une loi de ce changement. Les autres catégories ne donnent que des possibles, des actes arbitraires , des représentations dont l'enchatnement demeure indéterminé (habitude à part, mais la finalité est aussi un élément ordinaire de l'habitude).
Une suite de pensées donnée dans l'instinct primi* tif, ou dans la passion actuelle de l'animal , emprunte ses formes aux autres fonctions, sensibilité, comparaison, imagination, mémoire, telles au moins qu'elles peuvent exister pour chaque conscience. L'homme a de plus la réflexion et la volonté réfléchie. Dès-lors sa pensée peut suivre un cours logique, et se développer vo^ lontairement dans l'une quelconque des directions comprises sous les rapports généraux qui composent les catégories ou qui les relient entr' elles.
Lorsque la série n'a pas son origine immédiate dans les fonctions de la conscience, ordonnées par la passion ou par la volonté, c'est de l'habitude qu'elle résulte ; et ce cas est très ordinaire, tant pour l'homme que pour l'animal. Mais j'exposerai ailleurs la loi de l'habitude. Il suffit ici de poser en fait que la pensée se reproduit d'un mouvement spontané dans l'ordre quelconque une fois donné ou répété, primitivement dû à