‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 40 sur 278 · LOI DU DEVENIR DR CONSCIENCE · texte numérisé non relu

LOI DU DEVENIR DR CONSCIENCE

rexpérience, à la passion, à ]a réflexion, à la rolonlé.

Une question peut s'élever au sujet de Tintervention de la volonté dans les séries de la pensée. La reproductiooetla remémorntion qui y sont en jeu (imaginations et souvenirs suscités à dessein] sont*e11es jamais proprement volontaires ? le sont-elles en ce sens que les objeb appelés dans la conscience ne s'y trouvent déjà de quelque manière auparavant. On a souvent nié ce pouvoir de la volonté, par la raison qu'une idée ab^ sente, ne pouvant être Tobjet d'aucune faculté, ne saurait non plus être évoquée par l'exercice d'aucune : ou l'on sait ce qu'on cherche et ce qu'on veut atteindre, ou on ne le sait pas : si on le sait, il est donc présent, et n!est point à chercher: si on l'ignore, on ne sait donc pas ce qu'on cherche, et, par le fait, alors, que cherche-t-on? Mais ce dilemme prouve trop : toute opération de la pensée serait impossible. Reid a cru devoir s'y rendre, il est vrai sans l'énoncer avec rigueur, et sans en comprendre la portée, mais que sert de se réduire, coDcime il l'a fait , à nous reconnaître une injluence sur la suite et la disposition de nos pensées ? cette influence n'est rien si elle ne se signale par la production de faits de conscience qui n'étaient pas et qui deviennent présents, je veux dire précisément de cette tuite et de celte disposition mêmes , lesquelles consistent en pensées vis-à-vis de la volonté. On échappe aisément au dilemme en définissant l'absence et la présence des pensées, le savoir et le ne pas savoir qui s'y appliquent. Les pensées que la volonté appelle ou rap-

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pelle sont absentes, en ce qu'elles ne sont pas dans la conscience de la manière qu'elles vont y être ; elles sont présentes confusément et virtuellement, comme la science possible et la connaissance en général, par les rapports logiques qu'elles ont avec celles qui sont actuellement et nettement données. On ne peut contester que les termes latents n'arrivent à l'actualité, tandis que la volonté s'exerce : il s'opère donc une véritable production de pensées qui d'abord n'existaient point, ou qui n'existaient pas telles, ce qui est exactement équivalent. Je ne dirai qu'un mot ici des illusions de la pensée ; ce sont aussi celles de la production et de la mémoire, mais étendues à des suites entières de faits de conscience. Elles se rencontrent dans les songes et dans la folie, c'est-à-dire dans ces états où la réflexion et la volonté ne s'appliquent pas suffisamment è la critique des objets de la représentation.

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