FORMULAIRE DU PREMIER ESSAI. T
se subordonnent les phénomènes sonl, en passant des plus faciles à abstraire à celles qu'on distingue plus difficilement de la conscience où elles se posent :
La relation de grandeur ou quantité , ou des parties avec le tout. Elle se détermine dans le nombre , c'est-à-dire dans le ioui qui est la synthèse de Vun et du multiple;
La relation de position, qui détermine la figure et Vetendue par la synthèse des pom^5-Umites et de VmlervdXle'espace ;
La relation de succession, qui détermine la durée par la syn thèse des itistantsAimiies et de Tintervalle-femp^;
La relation de qualité, où la distinction, Tidentification et la détermination se précisent en devenant abstraction ^ général!* sation et spécifit^tion. V espèce y résulte de la synthèse de la différence et du genre ;
La relation de changement : ici la synthèse est le devenir, et se forme du rapport posé quelconque et du même rapport supprimé, sous une condition de temps -,
La relation de cause à effet, ou causalité : la synthèse est la force , qui unit les termes opposés, Vac^ et la puissance ( acte comme actualité, puissance comme possibilité et virtualité);
La relation de fin à moyen . ou finalité : la synthèse est la passion, qui unit les termes opposés, Vétat et la tendance.
Les termes cause et effet, non plus que les autres corrélatifs, ne sauraient se séparer en se fixant dans de certains sujets. Il
tl , FORMDLilRE DU PREMIER ESSAI.
li'eiiste donc pas de causes substantielles ^ et les forces sont des rapports ^t generis donnés entre les phénomènes.
Les dernières catégories aboutissent à la personnalité, de laquelle elles semblent être, plus' éminemment que les autres, des déicrminations particulières. Nous ne devons pas moins les considérer comme des formes de la relation, ou de Pètre en général ; et les autres ne peuvent pas non plus être représen^ tées^ abstraction faite de la conscience.
A ranalyse des catégories se rattache celle des lois qui en dépendent formellement « puis des principes et des notions qui se tirent du rapprochement et de la synthèse de termes hétérogènes^ tels que nombre et étendue, nombre et durée* étendue et durée, étendue et devenir, devenir et causalité, devenir et finalité, qualité et nombre, etc., etc.
Là se trouvent les fondements de toutes les sciences, les définitions, axiomes et données premières que réclame toute ttiéorie^ et que toute pratique suppose.
La logique est renfermée tout entière dans les lois générales de la relation et de la qualité ; le prificipe de c&ntradiéUùn^ qui en est le fondement, domine tout Tusage des catégories, et est upe condition universelle du jeu des rapports dans la représen* tation. ^
L'établissement complet et définitif des relations primordiales, et des relations de ces relations, composerait la première assise de la science. Mais Tanalyse vérifiée, la synthèse accomplie d'un ordre si vaste, si complexe malgré les abstractions qui en permettent Tétude, ne peuvent résulter que des efforts combinés et prolongés des philosophes.
La seienoe se continue par l'application des catégories au»
FORMULAIRE DU PREMIER ESSAI. Vil
choses de rexpérience. Ces choses dépendent des catégories, qui en sont des règles et des conditions générales; mais, d'une aatre part, comme données particulièremenl, elles ne dépendent pas des catégories. Il s'agit de faire l'analyse et de for* mer les synthèses de ces choses, et d'établir les lois qui se découvrent en elles.
Les sciences se proposent de déterminer ces lois dans les ordres spéciaux de phénomènes donnés : la science généralise tout d*abord la recherche, et vise à la plus haute synthèse possible à priori; mieux^ à la synthèse universelle.
Il y a deux cas supposaUes, dont la réalité rendrait chimé'rique le projet de la science accomplie, ou du moins réduirait celle science à priori à ne consister qu'en la critique d'ellemême et des éléments et principes généraux qui entraînent sa n^ation.
Un premier cas se présenterait, si la tentative de la saence aboutissait à instituer des antinomies^ c'est-à-dire des lois contradictoires, des propositions contradictoires appelées au même litre à exprimer la réalité.
Mais les catégories, par elles-mêmes, ne conduisent point à l'antinomie, quoique leurs termes synthétiques résultent toujours du rapprochement de deux termes contraires. En effet, ces termes contraires sont abstraits et corrélatifs, et ne s'appliquent séparément, dans la rigueur de leur signification pure , à aucune autre représentation que celle d'eux-mêmes. Par exemple, aucune chose n'est une, abstraction faite do toute multiplicité; aucune n'est multiple, abstraction faite de toute unité ; mais toute chose est représentée comme un tout. Donc, l'application directe des catégories ne conduit pas à des propositions contradictoires.
D'autres antinomies semblent résulter de la tentative de dé*