‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 46 sur 278 · NATUR8 DES PRBMIBRS SIGNES · texte numérisé non relu

NATUR8 DES PRBMIBRS SIGNES

remeot présent à la pensée, a été probablement sous entendu à l'origine et compris sous l'énoncé de Tattribul ou sous celui du sujet* L'analyse seule devait le sépaparer et lui donner une place distincte dans le jugement, dont il unit constamment les ter mes variables. De là des ptopositions suflBsamment claires quoique très condensées, dans lesquelles le terme copulatif est intervint ensuite, soit explicitement, soit confondu quelquefois avec le développement du Verbe dans les langues h flexion, qui donnent en outre une désinence au nom. A l'égard du Terbe être, non plus comme copule, mais avec la valeur d'existence en général, il est tout simple que la copule ait servi d'attribut aux sujets auxquels on n'en rapportait pas de définis, mais que l'on se bornait à poser actuellement. Le verbe dit substantif n'est autre chose que le verbe attributif indéterminé, et n'a rien de commun avec la doctrine de la substance. Aussi les Chinois qui omettent fréquemment le signe de Y être, le remplacent d'autres fois par les signes de V avoir et du faire. Nous avons nous-mêmes quelques formes analogues. '

La question de savoir lesquels d'entre les poms furent établis les premiers esf une question vaine : un sujet, un attribut ou verbe attributif, la copule exprimée ou impliquée, sont des parties intégrantes de la proposition ; or, les hommes n'ont pu ni parler sans juger, ni se servir de noms quelconques sans chercher à parler et sans y réussir de quelque manière ; ils ont donc nécessairement nommé l'attribut et le sujet aussitôt qu'ils les ont rapportés l'un à laulre par la parole, et ils ont

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nommé le verbe en même temps qu'ils ont pris pour attribut l'acte d'une personne ou d'une chose "qu'ils ont personnifiée. Mais le développement du verbe en per- . sonnes, temps, modes ei voix^ a pu être bien postérieur, de même que le dégagement de la copule; et tout cela est si peu nécessaire, qu'une immense nation s'en est passée et s'en passe encore.

Au point où nous en sommes, il existe un certain vocabulaire très restreint, avec une idée grammaticale pour ainsi dire instinctive, qui ne dépasse pas la portée des jugements les plus simples. Mais un même objet peut se prendre souvent pour sujet d'une préposition, pour attribut d'une autre, pour verbe d'une troisième. Par exemple la parole est un sujet, une langue est parlée, et un homme la parle. Il était naturel que le même mot fut conservé dans ces divers emplois, mais il fallait qu'on put reconnaître en quel sens il se prenait. Ici commence véritablement la grammaire. Il en existe deux, tout à fait distinctes. L'une tire la valeur du mot de sa seule position, elle n'admet ni flexions, ni compositions d'aucune sorte , mais le même signe (qui est un son monosyllabique) y reçoit de la place qu'il occupe, en vertu de règles fixes, le rôle qu'il joue de sujet, d'attribut ou de verbe , dans la proposition. L'autre plus poétique, moins abstraite, modifie la forme des mots, soit en les infléchissant selon les rapports qu'ils doivent affecter, soit en y incorporant de certains autres mots, les mêmes pour les mômes cas, lesquels ou se fondent définili\eraenl avec eux.

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OU continuent à s'en distinguer plus ou moins par la suite.

Le passage de la proposition simple à la proposition complexe est facile à comprendre dans le système de la grammaire de position. Le nom de la personne (occupera telle place, comme sujet par exemple, et ne modifiera point le nom verbal pour le rapporter à mot, à toi, ou à lui. Si un sujet s'offre sous le régime d'un auta^, on n'en altérera pas pour cela la forme, on le jettera en avant, ou, s'il dépend d'un verbe, on l'introduira à sa suite, comme complément attendu par la pensée. Les pluriels s'exprimeront par la simple addition des syllabes indicatives du nombre ou du tout, et les genres par celles du sexe, quand il y a lieu. Les temps et les modes n'entreront point, non plus que les personnes, dans la constitution des noms verbaux, mais on marquera au besoin par des particules distinctes ces attributs de la pensée ou d'un membre de la pensée. Il en sera de même de la voix passive. Enfin les prépositions et les conjonctions étant des signes condensés, soit du rapport de deux mots (position, réunion, ablation, appartenance, causalité, finalité, etc.) soit de celui de deux propositions partielles (réunion, temps, modalités, etc.), le système des juxtapositions rendra leur usage on ne peut plus facile et élémentaire.

Cette méthode est logique et facile. Quoique l' Allemagne linguiste ait introduit la mode de la mépriser, par amour-propre indo-germanique sans doute , il ne me parait pas que le signe serre de plus près la pensée dans les langues si laborieuses de la tradition sanscri-

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