‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 51 sur 278 · DE LA LANGUB PHILOSOPHIQUE UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

DE LA LANGUB PHILOSOPHIQUE UNIVERSELLE

rable ni possible de substituer aux langues naturelles et mythiques une langue artificielle et rationnelle créée de toutes pièces ; 3^ que la marche des choses ne résout que lentement le problème de la langue universelle, et ne résout point celui de la langue philosophique. De là celle double conséquence : Si une langue philosophique universelle est possible dès à présent, Thumanité ne devra cet instrument de la raison qu'à un acte formel de la raison, à la réflexion, à la volonté ; et cette langue ne doit pas remplacer les idiomes poétiques vulgaires, qui servent et serviront aux relations privées de famille, de commune, de nation ; à l'expression littéraire de la pensée, à la conversation familière, aux beaux*arts; c'est assez, si, se plaçant à côlé des autres, plus simple et positive qu'aucune, plus souvent écrite que parlée, enseignée dès Tenfance à tous les hommes et chez tous les peuples, elle devient à la fois le moyen des communications générales et scientifiques, la mesure commune des idées, et pour ainsi dire l'étalon des signes de la raison, la norme de toute pensée correcte.

Une langue de cette espèce, comme philosophique, est nécessaire pour la constitution des bases de la science première et générale ; comme universelle, pour les relations internationales de travail ou d'intârêt. J'entends par ces bases de la science, non point une doctrine, car une langue doit être impartiale et se prêter à l'expression des combinaisons quelconques du jugement, mais une logique, une classification des idées grammaticales et des formes du savoir. Le jour

Page 1