X FORMCLAIRË DU PREMIER ESSAI
V A regard de la qualité : le monde ne saurait être défini spécifiquement. La preuve se donne par la réfutation des systèmes philosophiques, qui tous essaient de déterminer Tespèce du monde, et ne s'accordent pas entre eux. Mais elle résulte surtout de ce que la synlhèse du monde enveloppe tous les genres et toutes les différences, tandis que les philosophes Tidentifient à quelqu'une de ces différences ou à quelqu'un de ces genres, et ne sauraient faire autrement pour le spécifier;
5*" A réganl du devenir : Le monde devient, car des phénomènes deviennent ; mais nous ne pouvons comparer le monde au monde^ à deux moments successifs, ni par conséquent déterminer son changement, quoique réel. Le monde est aussi devenu ou venu primitivement. Nous devons poser en fait le premier commencement, parce qu'une suite indéfinie et effective de phénomènes antérieurs est contradictoire ; mais il ne nous est pas possible d'embrasser et d'expliquer cette limite. La série finie de Texpérience est une donnée dont on ne demandera pas compte, si Ton réfléchit à la nécessité d'une donnée préalable pour rendre compte de quelque chose ;
&" A l'égard de la eausalité : La cause du monde ne doit pas être cherchée hors du monde, puisque par définition le monde comprend la synthèse de tous les phénomènes. Mais le principe de contradiction oblige à admettre une ou plusieurs causes premières qui terminent la suite ascendante des événements. Toutefois nous ne pouvons nous fixer logiquement, ni sur leur condition d'unité ou de pluralité, ni sur les époques où elles apparaissent , ni sur la question de savoir si elles prédéterminent ou non , sans exception , los phénomènes possibles après elles. Nous ne pouvons pas assujétir ces causes elles-mémies au principe de causalité, ce qui serait contredire Thypoibèse de