‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 66 sur 278 · NOTION DU VOULOIR PUR · texte numérisé non relu

NOTION DU VOULOIR PUR

contemplation, inintelligible à son tour. On est parti de rhomme, et c'est au néant qu'on arrive.

Voyons maintenant ce que peut donner la volonté pure. Nous ne la ferons pas rouler sur elle-même, car la volonté de la volonté n'aurait pas plus de sens que la pensée de la pensée. Elle présidera donc à la production des phénomènes, et c'est bien ainsi qu'on l'entend quand on la pose en principe du mouvement représentatif, ou qu'on l'y fait intervenir pour rappeler ou éloigner les idées. Hais la volonté pure est aveugle, elle ne connaît point, ne désire point ; elle produit par hazard. Ce mot même, hazard, est un des noms de la volonté pure, ou de la force que rien ne guide. Ainsi la volonté, conçue h part de l'intelligence et à part des affections, n'apporte dans les choses aucun caractère de vérité ni de bonté. Veut-on la considérer comme un nisus libre et détaché qui modifie, sans intelligence et sans passion, les résultats du désir et de la pensée ? Cette volonté indiffé^ rente, suscitée miraculeusement à la suite de jugements dans lesquels on ne lui accorde point de rôle, ne possède pas le moindre principe de rectitude , ou une ombre de moralité. Et quand on la place à la racine de l'homme, ou à celle de l'être en général, avec la prétention de l'envisager seule, ne fût-ce qu'un instant, on trouve qu'il ne devait exister en cet instant, ni un intelligible quelconque ni un motif d'agir. Le philosophe qui attribuait au premier être une liberté sans antécédents, était conduit à soutenir que si Dieu l'avait voulu

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