‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 67 sur 278 · INSUFFISANCE DE LEUR SYMHËSE · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE DE LEUR SYMHËSE

il y aurait eu des cercles carrés et des touts moindres que leurs parties : c'est un paradoxe célèbre de Descartes.

En réunissant l'entendement et la volonté, nous obtiendrons ce que la plupart des psychologistes ont pris pour rbomme. Est-ce là vraiment tout ce que nous sommes? La pensée guide l'acte, et l'acte produit la pensée; la cause s'illumine, l'intelligence se meut; la raison mobile engendre la recherche, l'affirmation et la négation réfléchies, le doute, la science. Hais dans celte succession d'idées et de volitions unies, où que la mystérieuse chaîne aille se rattacher d'ailleurs, il n'y a qu'ignorance ou indifiérence vis-à-vis du bien et du mal. En effet, l'entendement et la volonté combinant leurs fonctions, c'est assez pour que le vrai et le faux prennent naissance , car il peut s'établir dès-lors une comparaison entre les phénomènes posés et composés dans la conscience, et ceux que l'expérience sensible révèle dans le monde extérieur. Mais la bonté n'est pas réductible à la vérité, ni le mal à l'erreur. Ce n'est pas la volonté seule qui confère aux actes un caractère de bonté ; ce n'est pas l'entendement, devant qui tout est égal à la seule condition de lui être représenté ; enfin ce n'est pas la sensibilité par elle-même , quelque nécessaire que puisse être le rôle qu'elle y joue. La sensibilité apporte le plaisir et la douleur et les joint aux autres phénomènes; mais si le plaisir et la douleur demeuraient de pures impressions, des états physiques, comme on dit; s'ils ne venaient à se caractériser comme

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