‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 70 sur 278 · SYNTHÈSE DES FONCTIONS REPRÉSENTATIVES · texte numérisé non relu

SYNTHÈSE DES FONCTIONS REPRÉSENTATIVES

Le principe de ces erreurs est dans Timportance trop sentie d'une fonction souvent et singulièrement méconnue. Entre l'intelligence et la volonté, la passion est comme un centre des phénomèijes humains, un lien de toutes les lois représentatives, l'accomplissement de l'homme. Elle marque profondément chaque plein momenttle notre existence, et elle domine toutes les représentations, dans ces passages obscurs, dans ces intervalles qui séparent les pensées nettes, les actes déterminés; car alors la conscience enveloppant à l'état confus le passé, le présent et l'avenir est avant tout l'instinct d'une fin à atteindre. Sans la passion, on peut dire que les éléments de la nature humaine seraient comme désunis, l'entendement glacé, la volonté indistincte et machinale ; les phénomènes, que la logique seule enchaînerait, n'affecteraient pas la conscience autrement que ces images, ces fantômes que Démocrile imaginait traversant la pensée des morts. Mais, en présence du sentiment, la logique est vivante, et la volonté se manifeste par la lutte. C'est diaprés les mouvements divers de la passion en nous que nous apprécions la nature relative des biens, et que, par suite, le bien même nous est révélé; c'est au genre de contentement ou de peine qu'elle nous met au cœur que nous jugeons le plus sûrement de la valeur morale de nos déterminations, et si de tous les biens proposés nous avons choisi le plus fécond, le plus durable, le plus propice à la vie, le plus conforme à l'ordre.

Les trois fonctions que j'ai distinguées sont unies.

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