‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 8 sur 278 · XIV FORMULAIRE DU PREMIER ESSAI · texte numérisé non relu

XIV FORMULAIRE DU PREMIER ESSAI

rait faire le dénombrement ni composer la somme. La détermination de la synthèse totale n'est pas possible non plus à priori sous ce point de vue. Soit que nous supposions les consciences premières dans une sorte d'égalité, soit que nous Us subordonnions hiérarchiquement à Tune d'elles , nous ne pouvons détermina la nature et les limites de leurs rapports, ni leurs actions, ni leurs fins, de manière à en former un système unique; ni décider si tous les phénomènes futurs sont dans la dépendance des premières données, ou du moins des existences présentes, ou si Tavenir est ouvert à Tapparition de phénomènes encore indéterminés. Dans celte dernière hypothèse, non-seulement la construction synthétique est impossible, mais la synthèse même varierait, et le projet de la fixer serait abisurde.

Les bornes de la connaissance ainsi reconnues, deux choses restent intactes : ce sont d'abord les croyances qui , sans prétendre les dépasser en s*obslinant dans l'affirmation d'objets que la raison a déclarés contradictoires , demeurent libres de s'étendre au-delà et bien loin de ce que l'analyse peut ou pourra jamais atteindre. Le champ est vaste des phénomènes et des êtres inconnus , ou latents ou futurs , et des lois soustraites à l'expérience présente, dont l'homme peut avoir la foi sans faire œuvre de science. C'est ensuite la science elle-même, ou plutôt la critique et ce qu'on nomme la philosophie , si , renonçant aux problèmes insolubles, elle s'attache à des questions encore très générales, mais intelligibles, qui intéressent au plus haut ^^ré l'humanité, et si elle peut découvrir une méthode propre i les traiter à la satisfaction de la conscience.

Ces questions portent principalement sur la perpétuité identique des personnes dans le monde, sur les destinées individnelles, sur la réalité du libre arbitre^ sur les fondements de la

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