‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 86 sur 278 · DO SYSTËME DE LA CONSERVATION DU MOI · texte numérisé non relu

DO SYSTËME DE LA CONSERVATION DU MOI

du désordonné et de l'accidentel, mais résulte de la révélation subite du beau, du grand, d*un ordre vaste dont les limites de temps, d'espace ou de perfection n'apparaissent pas; enfin de tout objet physique ou moral qui ouvre une longue perspective de possibles, ou surpasse les données communes de l'imagination ou de la raison. En ce cas, l'émotion, qui peut se lier à un certain frémissement du corps, esile sentiment du sublime.

Les auteurs qui, à l'exemple de Spinoza, veulent expliquer les passions par le principe de conservation du moi, observent bien mal, et la nature de l'homme. et celle des animaux. Il est visible que la tendance au développement domine partout l'esprit de conservation. Les instincts en masse posent leurs fins avant toute expérience, et les poursuivent sans même les connaître. S'il arrive que l'animal recherche ou fuie des objets qui lui ont fait éprouver antérieurement du plaisir ou de la peine, ce n'est pas toujours que ces objets soient favorables ou contraires à sa conservation ; encore moins qu'il le reconnaisse; et il arrive aussi, et fondamentalement, que les fins naturelles utiles sont étrangères à la conscience, au moment où le plus vif désir la pousse à les atteindre : qui voudrait dire que le vrai mobile de la chasse, l'appétit pour la proie et la passion de manger sont fondés sur la crainte de mourir d'inanition? Des désirs d'un ordre bien différent portent l'homme et l'animal vers l'inconnu, dans l'amour, par exemple. Enfin le beau sollicite notre activité, comme le bien ; et un caractère des fins, en tant que belles» est

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