‹ Essais de critique générale (volume 3)Chapitre 93 sur 278 · DISTINCTION DE L HOMME ET DE L ANIMAL · texte numérisé non relu

DISTINCTION DE L HOMME ET DE L ANIMAL

nous Tadmettons, pour continuer l'analogie d'ailleurs visible des espèces, ce sera du moins à un degré singulièrement bas et confus, difficile à définir. L'homme et l'animal, même supérieur, ne laisseront pas de différer comme diffèrent l'ordre de la liberté et celui du sentiment, ou, pour passer au point de vue moral. Tordre de la justice et celui de Tinnocence. A la liberté se rattachent la réflexion et la raison, au sentiment l'ha* bitude et l'instinct. Ainsi tous les caractères distinctifs de l'homme rentrent dans un, qui est pris de la volonté, en n'oubliant pas que chaque degré de développement se fonde sur les précédents, et, pour les surpasser, les

implique.

Dès que la volonté, étudiée dans l'homme, est un de ses caractères, et le premier, c'est abus que de l'attribuer à l'animal, bien plus à tous les animaux, comme on le fait souvent en leur accordant la locomotion volontaire. Il y a là tout au moins un vice choquant de nomenclature, puisque des fonctions si radicalement différentes se trouvent groupées sous un nom commun : d'un côté la conscience de l'automotivité représentative, de l'autre des mouvements qui s'ensuivent de passions données, avec une spontanéité simple et invariable. Nous verrons que la locomotion se rattache immédiatement aux phénomènes passionnels, et par ceux-ci à la volonté, en tant seulement que la volonté les modifie. C'est en confondant l'élément passionnel avec le volontaire qu'on a perdu le véritable fil de l'analyse, dans ce cas et dans beaucoup d'autres. Il n'existe pas en philosophie d'erreur plus grossière, ni qui ait eu des con-

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