D*DNB DÉFINITION DE KANT
séquences plus longues et plus fâcheuses. Kant luimême n'en fut pas exempt.
La philosophie kantienne définit le désir un pouvoir de déterminer soi-même son activité par la représen* tation d'une chose à venir, en d'autres termes, une faculté d'être, par ses représentations^ cause de la réon lité des objets de ces représentations. On a objecté à cette définition lexistence des désirs sans aucun pouvoir correspondant, et Kant n'a répondu que par une caYÎUation littéraire (Critique du jugement : Introduc-tion ) . Ou pouvait dire aussi que le pouvoir dont il s'agit existe quelquefois sans désir : les faits de vertige en sont la preuve. La définition est donc aussi imparfaite que possible, et tout ce qu'elle renferme de vrai se réduit à ceci, que les phénomènes passionnels et les phénomènes de détermination physique sont régulièrement liés. Hais la dépendance des seconds par rapport aux premiers souffre deux sortes d'exceptions. En efiet, 1** la représentation du futur possible, dont la production de ce même futur serait une conséquence» peut se suspendre ou s'éloigner par un de ces faits de volonté que j'ai longuement décrits ; S"" l'opposition au phénomène envisagé dans l'avenir peut être due à la constance des lois physiques qui ne permettent pas ce phénomène. Ajoutons que le fait représentatif dont l'objet se réalise spontanément est une imagination vive, accompagnée de désir dans certains cas, et d'une passion tout opposée dans d'autres (VMe § xi ci-dessous). Un autre vice capital de la définition kantienne est
82i d'une DËFINITION DE KANT.
de se rapporter à une division des facultés de F âme en ces trois qui, dit-il, ne peuvent plus être dérivées d'un principe commun : la faculté de connaître^ le sentiment du plaisir et de la peine, et la faculté de désirer. Le désir et la volonté se trouvant ainsi réunis forcément sous la même classe, et par un philosophe qui n'entend pas nier la liberté, chose singulière ! il arrive que l'idée du désir et de ses propriétés reste bien confuse. Et eu effet, si l'on comprend que les futurs placés dans la représentation scmt indéterminés à priori, par suite le pouvoir ambigu, la cause ambiguë, il faut alors convenir que la définition cadre mal avec le désir, qui existe chez les animaux comme chez l'homme, et qui impliquerait par lui-même un avenir prédéterminé. Au contraire, lorsqu'on admet des futurs fixes et un pouvoir forcé, sans ambiguïté dans l'application , toute liberté disparaît, il n'est plus question de volonté, et la formule, portant sur le désir seul, demeure avec les défauts que nous avons vus.
La formule de Kant modifiée de cette manière, être cause par ses représentations de ses représentations mêmes, est rigoureusement vraie des actes de volition. Il y a plus ; en ne sortant pas de la conscience, on peut étendre la même formule au rapport du présent avec le futur, comme fait Kant : être cause par ses représentations de la réalité des objets de ces représentations. En effet, la conscience de la possibilité d'avoir une certaine représentation implique cette même représentation ; la simple idée d'un possible équivaut dans ce cas à l'acte, et elle le produit. Mais, comme nous joignons