QUESTIONS SUR LES SENSATIONS
este des recherches à faire, elles sont du ressort de la dolo^e.
D'abord il faut renoncer à prendre pour objet de cerftines sensations l'étendue, aussi bien que toute autre loi mdamentale. Les sensations propres du tact et les senations propres de la vue ne sont possibles, au contraire, [u*en présupposant l'intuition de l'espace. Cette intuiion, que la lumière vient colorer, dans l'acte de la vi- Âon , la lumière l'implique , et , par elle-môme , ne la ionnerait pas. Cette même intuition , mais incolore , préexiste chez l'aveugle à l'exercice du tact ; autrement Qelui-ci parviendrait-il à l'aide des mouvements de son corps et des modifications d'un toucher successif, dont h matière propre est toute autre chose que l'extension, à se représenter des objets simultanés sous une loi de poàlion? Enfin, elle enveloppe également les autres sensations, quoique les investissant d'une forme plus Tague, et n'apportant point de mesure précise aux positions qu'elle leur fait affecter : mais nous ne saurions sentir ou imaginer des sons, des odeurs, des saveurs, des sensations de chaleur, de chatouillement, etc., sans les assujétir de quelque manière à des rapports d'étendue.
Il n'est donc pas vrai que la perception des lois de position nous vienne premièrement et exclusivement parle toucher ; ni que l'habitude seule dresse la vue à reconnaître des grandeurs et des figures identiques à celles que reconnaît déjà le tact, sous des sensations ^lièrement différentes. L'intuition est une forme et une ^le commune de ces deux ordres de la sensibilité ;
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elle les lie étroitement, en nous soumettant de part et d'autre ses propres rapportsxonstitulifs. Hais cette correspondance donnée en général , il faut apprendre i rappliquer, puisque les sensations comme telles diffèrent profondément des deux côtés. Ce que rexpérience seule peut enseigner, et l'habitude traduire en une sorte d'identification, c'est la relation donnée entre certaines positions vérifiables par le tact (notamment en profondeur, dans la direction des rayons visuels) et les jeux de lumière, d'ombre et de couleur, qui, d'eux-mêmes, ne représentent point une étendue k trois dimensions. Il y a ici une distinction importante à introduire. L'intuition donne les trois dimensions de l'étendue. L'extériorité et la distance en profondeur sont donc immédiatement posées dans l'acte de la vision, aussi bien que dans celui du tact. Mais quels rapports entre telles distances, dans tels cas, voilà ce qu'on ne sait point d priori. La vue nous révèle, ou, pour mieux dire, nous appliquons par la vue la distance projetée en trois dimensions, mais nous ne l'estimons comparativement que pour deux tout d'abord. L'aveugle opéré, celui de Cheselden par exemple, peut donc placer tous les objets sur un plan et ne pas éloigner ce plan à une distance appréciable dç l'œil ; c'est-à-dire qu'il peut envisager différentes choses, à distance égale de lui en profondeur, et, par là môme, ne point déterminer cette distance, quil ne compare à aucune autre, tout aussi longtemps qu'il n'a aucune raison de supposer des distances inégales. Mais bientôt paraissent des jugements, déjà formulés dans un exercice antérieur du toucher