‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 11 sur 193 · LB CORPS ET SES FONCTIONS · texte numérisé non relu

LB CORPS ET SES FONCTIONS

par lesquelles s'expliquent communément des phénomènes tels que ceux de la pesanteur, de la cohésion, de rélasticité, dé la cristallisation, de l'affinité chimique, je veux dire à de certaines causes et à de certaines tins qui résident dans les particules des corps et président à leurs associations, il se trouvera que toutes les fonctions du corps sont au fond des fonctions vitales et même organiques, et peut-être encore représentatives, pourvu que l'on étende suffisamment l'idée qu'on se fait d'un organisme et d'une représentation.

Rien ne s'oppose à ce que des ensembles plus ou moins individualisés et centralisés de phénomènes, le système planétaire, une planète avec ses règnes naturels, l'atmosphère terrestre en son entier, un sel cristallisé, soient regardés comme les produits des facultés organisantes des êtres élémentaires. L'expérience n'atteint que Tapparent. Elle ne saurait prouver que les êtres dont nous parlons possèdent les sortes de perceptions et d'appétits nécessaires aux formations phénoménales. Elle ne saurait non plus prouver le contraire. Une induction à laquelle on s'est de tout temps abandonné volontiers nous porte à le penser, et, ce qui est plus fort, l'unité de la représentation, forme unique de toute connaissance, ne nous laisse aucun autre parti à prendre lorsque nous cherchons à nous rendre compte de ce que doivent être les derniers des êtres. (Je suppose écartés de l'explication des faits l'esprit pur et, la pure matière, les entités, toujourc fondées, sur l'abstraclioii, non sur la distinction méthodique des phénomènes liés. )

DliTmCTION DR LORGÀIflSMB. 41

Quoi qu'il eu soit, la distinction des fonctions physiques et des fonctions organiques veut être maintenue en même temps que réduite à sa juste valeur. Le caractère ne doit pas en être placé dans la diversité native des parties des corps. C'est ce qu'ont coutume de faire ceux qui reconnaissent des forces séparées, de la matière séparée et différentes sortes de matière, Tune morte , l'autre vivante ; et c'est ce qu'il faudrait éviter par ce seul motif, à défaut d'autres que l'objet d'une science est l'étude des lois des phénomènes. Occuponsnous donc de ces lois. Celles qu'on nomme physiques portent sur toute la nature connue. Elles gouvernent les évolutions les plus générales des corps, leurs actions è distance, leurs rencontres, leurs états et leurs rapports comme lumineux, calorifiques, électriques, enfin leurs modes d'assemblage ou de séparation selon leur spécificité. A l'égard de tous ces phénomènes, ou les corps peuvent être quelconques, ou, s'ils se comportent selon leurs espèces , chacun d'eux est néanmoins un tout de parties homogènes, une quantité, les qualités et les fonctions ne variant point d'une partie à l'autre. La distinction des fonctions physiques et, par suite, une définition qui leur convient à toutes, résultent de cette généralité môme. Au contraire, les lois dites organiques, vues en des groupes tranchés et bien connus, s'ajoutent aux précédentes dans certaines circonstances, les supposent et les subissent, les suspendent ou les modifient jusqu'à un certain point et durant un certain temps. Plus générales en un sens, là où elles se manifestent, puisqu'elles sont plus enveloppantes, sous un

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