‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 128 sur 193 · CRITIQUE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

CRITIQUE HISTORIQUE

à certains d'entre eux, formera, réunie aux précédentes sciences historiques, et à V archéologie qui atteint le passé par Tintermédiaire de ses monuments, et à la linguistique, dont les recherches joignent essentiellement Tétude de ce qui est à l'étude de ce qui fut, et à Véthnologie, à la statistique, à toutes les divisions ou subdivisions qui ont été ou peuvent être reconnues dans ce vaste sujet, une science totale de la critique historique, appelée à tracer le tableau complet de l'humanité et de toutes se$ fonctions aux différents âges jusqu'au temps présent.

La philosophie de l'histoire n'est que l'histoire même, réduite à ses plus hautes généralités morales, et parvenue à formuler, au-dessus de l'ordre et de la succession empirique des faits, les lois nécessaires de leur production et de leur enchaînement, ainsi que des idées qui les gouvernent. Elle semblerait donc n'avoir point de place à part, non plus que n'en a une théorie à côté des phénomènes qu'elle embrasse. Il en est ainsi en effet, un grossier empirisme peut seul le contester, s'il est vrai que les faits soient régis par des lois générales et nécessaires , sans réserve. Mais cette question même, que l'expérience ne saurait décider, appartient à la critique générale. Celle-ci prononçant, comme je le crois, qu'il existe une réserve considérable, probable, et dont la croyance morale peut affirmer résolument la réalité (V' ci-dessus § xvii), il en résulte que la philosophie de l'histoire est une partie de la critique historique, intermédiaire entre la critique générale et l'histoire proprement dite, et que Ton doit voir en elle, à ce

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titre , une des phîlûsophîe» des sciences , aussi bîoi nommée que les autres. Le but de celle-ci est prétn^ ment de déterminer quelles peuvent être, et quelle sool en fait, et entre quelles limites s'imposent les lois aécessaires du développement de Thumanité sur la terre. A la division des objets correspond la division dsi méthodes, pour la critique générale aussi bien que pov les sciences. Les parties historiques exigent d^aulra procédés que les parties en quelque sorte dogmatiques. Ainsi nous avons vu que dans Tétude de la natnre, k méthode inquintive des lois des phénomènes est Tefe* périence artificiellei tandis que h méthode Atftorîftf est l'observation : l'induction et l'hypothèse peuvent et doivent intervenir dans une certaine mesure. Durant la poursuite de celte science qui vise à composer le système des principes et des concepts généraux , la recherche et rétablissement du vrai se produisent essentiellement par une série d'analyses et de synthèses directes des notions et de leurs rapports, dans la conscience de chaque philosophe. Ce procédé plusieurs fois pratiqué, et par plusieurs, forme une sorte d'expérience sut generis, incessamment reprise et contrôlée par de nouveaux investigateurs, Le témoignage et l'autorité n'y sont guère comptés. Mais quand il s'agit de l'histoire, et de celle-là même que, généralisant le mot, j'entends de la description et de la classification de faits moraux actuels, il est clair que l'observation immédiate n'est possible que dans des cas particuliers beaucoup plus exceptionnels qu'ils ne le sont en histoire naturelle (où le savant, obligé d'accepter des observations étrangères,

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peut cependanl en faire ou en refaire par lui-même une masse considérable). On doit donc s'en rapporter constamment à ce qui a été vu ou cru par divers hommes en divers temps, sauf interprétation et contrôle. Le fond de la méthode est encore Tobservalion, dans son acception la plus générale, mais indirecte et médiate ordinairement, toujours, dès qu'il s'agit du passé. De là aussi la pécessité de règles toutes spéciales de critique.

L'induction, à laquelle on ne peut refuser un rôle important en histoire naturelle, par exemple pour la solution de problèmes fondamentaux de géologie , de paléontologie, etc., se retrouve aussi dans l'histoire morale, quand il s'agit des commencements de l'humanité, et même beaucoup plus tard, lorsqu'on s'applique à l'étude des phases religieuses et mythologiques, naturellement si obscures. Il parait difficile que la mythologie paisse être jamais entièrement exempte d'hypothèses.

£d résumé, nous venons de voir se reproduire pour BOUS cette division très ancienne de la philosophie en logique, physique et morale, la meilleure qu'on ait pro- [losée, incontestablement, mais dont la nature se trouve kdairoie et modifiée sur des points capitaux : l"* en ce pie nous dominons toutes les divisions par l'idée géné- "ale de la critique ; %"" parce que nous reconnaissons les sciences séparées, qui ne rentrent dans la critique lue par leurs philosophies; 3"^ à cause de l'introduction le ridée moderne de l'histoire, et de l'admission d'une optique historique en regard de la critique thétique et ie ses différentes parties ; 4"" enfin grâce à des notions

n£SUMË.

dilTt^renles ou plus nettes, sur tes questions de màhode et les cor lilions de la certitude dans les diverses branches de sa connaissance.

C'estque, en fait, je n'arrive h poser les divisions réflé-

chies de la c"'''^** -it.*^—*!-*

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qui lui vienne

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directeur est

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qu'après avoir parcouru ùre de celle critique, U 3 lignes de démarralion ne peut s'ouvrir que par sur le bloc, et dont le fil ractère scientifique. Ta B la connaissance en géie certaines des sciencn

qui en dépendent, celle de la synthèse du monde ; puis» dans le présent Essai, 1 élude de Thomme et de ses toa^ lions, et de la certitude que leur exercice peut comporter ; ce n'est qu'alors que je pouvais me faire une jiislfl idée des principales conditions auxquelles doit satisfaire une classification pour n'élre pas Irop prématurée, < Au reste, j'ai soin de m'en tenir à tracer les sections leri plus générales, les seul s dans lesquelles la méthode soit vraiment intéressée, et qui aient une ulililé sensible. Les subdivisions inférieures n'ont plus d^imporlanœ philosophique, el elles n'en ont pas de scientifique. Quand elles reproduisent des sections que la marcN empirique des sciences et les convenances de la distribution du travail ont déjà consacrées , elles n'ajoutent rien à ce que nous savons ; quand elles bouleverseot ces mêmes sections, ce qui peut arriver sans qu'il y ait vice de part ni d'autre , il n'y a guère lieu d'en tîr«r profit, car, d'un côté, les savants ont à grouper ou à di-

viser leurs efforts, plutôt à raison de Tétai actuel que d'une perfection imaginaire des sciences ; et de l'autre, plusieurs systèmes de classification étant possibles pour une même méthode, et plusieurs lois de subdivision pou- Tan t être adoptées dans une même classification générale* il est impossible qu'il n'entre pas beaucoup d'arbitraire dans ceux que l'on propose. Je ne saurais donc m'empécher de trouver quelque puérilité, au point de vue de k science, dans les projets de classification poursuivis jusqu'au dernier détail. Il en serait tout autrement si le bat avoué de ces projets était la préparation d'une langue philosophique. Mais alors il faudrait tout diriger à ce but et ne point dissimuler ce qu'il exige de dispositions artificielles.

Dans le tableau qui offrirait un résumé facile de ce diapitret il faudrait attacher moins d'importance à l'esm de classification en lui-même qu'aux vérités de méihode qui s'y trouveraient inscrites. D'ailleurs le conteou en serait purement théorique. Si l'on y joignait les arts, ce qui serait l'objet d'un travail nouveau, on pourrait les considérer parallèlement aux sciences, dont ils supposent toujours une application quelconque , et de pins comme des dépendances particulières des catégories de causalité et de finalité. Un art est, en effet, cet ensemble et cette suite de moyens mis en oeuvre plus ou moins spontanément, ou selon les lois de la science, poar atteindre une fin déterminée. Ce serait ensuite à la distinction des ordres de fins qu'on demanderait une division rationnelle des arls. Enfin, les subdivisions se tireraient des espèces de l'œuvre et de sa matière.

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