DOCTRINES DUALISTES
leurs ne Fêlaient pas moins, n'ayant ni lieu ni divisi^ bilité par eux-mêmes. Mais on croyait rendre compte des êtres réels en supposant dés êtres chimériques dont on ne saisissait ni les rapports mutuels ni la propre nature. La source de l'illusion se découvre aisément : les prototypes prétendus sont fabriqués sur le type de l'homme dont l'industrie figure les objets avec une matière préexistante. Et, en effet, le partisan des forces plastiques explique l'organisation en attribuant à oes forces' une propriété organisante, explication depuis longtemps ridicule et dans laquelle on retombe sans cesse. Quand on en cherche le sens, en ce cas-ci| on l'aperçoit dans une comparaison grossière de la fonction humaine prise en son entier avec ces mêmes abstractions par lesquelles on tente de l'expliquer et d'expliquer la nature.
Descartes et Spinoza, deux philosophes que je réunis pour abréger, donnèrent au dualisme une forme plus satisfaisante. Leur doctrine définit le monde par la co^ existence de deux séries de termes, logiquement iodépendants de l'une à l'autre, liés et développés harmoniquement : celle-ci, de tous les modes possibles de l'étendue; celle-là, de tous les modes possibles dek pensée. Quoique la substance ne soit pas bannie de cet ordre d'idées, on peut la reléguer dans les questions d'origine et de totalité des modes, en sorte que les lois des phénomènes apparaissent seules, et seules sont i rechercher.
Ce n'est pas encore le lieu de remarquer les lacunes et les partis pris du système cartésien a l'égard des