‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 131 sur 193 · UËDUCTION DE LA CERTITUDE, ETC · texte numérisé non relu

UËDUCTION DE LA CERTITUDE, ETC

d'entre nous, el jusque dans chacun de nous, varie selon les lieux, les temps et les personnes, et n'est aiiui ni la vérité, ni rbumanité, ni un homme.

Le dogmatisme a erré, tantdt en niant TintervenlioB des affections et de la volonté, le rôle des croyances, tantôt en donnant à la science des caractères qui ne conviennent qu'à la foi, pour justifier nos affirmations fondamentales. On dit, on répète sans cesse que la amscience réfuie les sophismes dirigés contre Tévidenoe^ du vrai et contre l'absolu du savoir. Or elle ne les réfute point, mais plutôt elle les tourne, et elle se passe de l'évidence et de l'absolu , se contentant pour vrai de ce qu'elle croit vrai. Ces sophismes , l'intelligence les suscite et doit les subir, ils ne sont pas sophismes pour elle; et la conscience qui les tourne, pour aller à son objet malgré eux, c'est tout l'homme et non rintelligence pure. Une force secrète, un attrait puissant, fondus dans noire nature entière, nous allachent au sentiment de la réalité et de l'ordre. Sous celle impulsion, un irrésistible instinct nous porte, ensuite une volonté réfléchie et libre nous confirme dans celte croyance que notre vrai est le Vrai, notre bien le Bien.

Voilà donc l'homme réduit à lui - même , car la croyance n'est que lui ; et la liberté, individuelle par essence, décide de la croyance ; et l'homme dispose de soi, jusqu'à ce point d'essayer son pouvoir sur les affirmations capitales et primitives qu'on a coutume d'appeler nécessaires.

Au défaut de l'évidence immédiate ou médiate, el en présence d'une certitude ainsi réduite à l'individualitr,

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