‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 133 sur 193 · CONTRÂT PERSONNEL, CONTRAT SOCIAL · texte numérisé non relu

CONTRÂT PERSONNEL, CONTRAT SOCIAL

et les plus Tdgues sentiments du bien et de la justice. Nous nous sentons liés par là même avec les autres hommes. Voilà le commencement de la morale et de Tuniverselle religion du genre humain. Le contrat d'où nait la personne morale précède logiquement le contrat qui supporte la société. Mais cet ordre logique n*est point un ordre de succession, parce que la personne morale ne nait pas dans Tisolement. Le cœur n'est jamais seul.

Nous contractons avec noire intelligence pour ordonner nos idées, pour savoir, et savoir que nous savons. Ce contrat c'est la raison maîtresse d'elle-même. L'autre pouvait exister en nous sans que nous en eussions la claire conscience. Celui-ci semble plus explicite, et pourtant s'efforce longtemps de se méconnaître. Voilà la philosophie et l'origine des sciences.

Les religions commencent par le sentiment d'une relation morale de Thomme à diverses puissances manifestées dans les phénomènes ambiants. Elles s'étendent par la croyance à une destinée plus ou moins générale, à un ordre plus ou moins souverain. Elles se concentrent sur de certains points de foi commune touchant la divinité, l'immortalité, la moralité. Elles varient selon les mouvements intimes des hommes, et leurs progrès dans la science, et leurs communications externes.

Lesphilosophies procèdent de la réflexion', et comptent sur l'universalité de la raison pour s'établir. Un philosophe scrute avant tout sa pensée propre, même quand il croit ne faire qu'observer les choses. Il s'efforce d'échapper à la confusion des phénomènes. Pour cela, il

Page 1