‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 135 sur 193 · IDËE GÉNÉRALE DU PROGRÈS · texte numérisé non relu

IDËE GÉNÉRALE DU PROGRÈS

sa vërilable compétence, et en néglige d'aulres qui, par la suite, se révéleront avec un caractère de nécessité. Tous les principes ne se découvrent pas en un jour; une fois aperçus, leurs conséquences se déroulent quelquefois difficileaient, et se pratiquent plus difficîlemeol encore. Mais enûn, la vérité avouée se fait place, êtes qu'on avait cru fondé ù jamais on le renverse , et b droit aujourd'hui visible annule le droit convenu hier. Il en est de ces révolutions sociales , comme de cdki qui bouleversent une conscience individuelle, avec de moindres chances d'erreur toutefois, à cause de la par* ticipation commune et du conflit prolongé de tant de consciences diverses, mais avec une tout autre leoteur aussi, car les siècles valent à peine des jours.

Les progrès sociaux , ainsi que les progrès individuels, sont surtout lents tant que les sociétés, comme la personne, demeurentsous l'empire des premiers instincts ou des habitudes contractées. Ils peuvent même en ce cas être tout a fait insensibles ou nuls, comme le prouve l'exemple de certains peuples très-anciens, qé ne furent pourtant pas sans génie. Ils se précipitent, pour les sociétés comme pour les personnes, quand 11 raison succède à Thabitude, et la libre possession de soi à la domination des passions et des choses. Lorsque te moment est venu qu'un peuple, préparé par les nobles tentatives de quelques hommes, ait en partie conscience de lui-même, il se saisit du contrat qui, jusque-là, liait obscurément ses membres. Il déclare son droit à l'entendre, à l'expliquer, à le renouveler, à le faire, comœe s'il le créait d'une autorité sans précédents, suscitée da

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