IDÉE GËNËRALË DU PROGRÈS. S
ond universel des consciences. II lâche du moins de le "endre conforme au modèle de justice qui éclate alors lans les âmes. Heureux , et plus qu'il n'est possible lans doute, s'il peut soutenir longtemps un si grand ef- Sbrt sans retomber en partie sous un joug que la fatigue ramène, et qui reste encore trop cher à beaucoup de ceux qui le portent!
Au moment où les personnes et les peuples, dans kur ayénement à la liberté , prennent possession du contrat qui les lie , la chaîne des traditions est rompue. th reconnaît alors que la tradition ne peut obliger Thomme, ni en matière de foi ni en matière de science, Jirce que la science doit lui devenir personnelle par icquisition, vérification, examen, la croyance plus enttre» n'étant que le produit de ses plus intimes forces montes et d'un accord spontané entre l'élan du cœur et la connaissance réfléchie des choses. £n matière de faits, la tradition dans ce que l'on réputait jusque-là le plus KBcré « appelle à son tour la critique, et une critique serère, impitoyable : l'observation et l'histoire elle-même irouvenl, en effet, à quel point et avec quelle ardeur es hommes de certaines époques et de certaine culture te précipitent dans Taffirmalion de l'arbitraire et du nerveilleux qui parlent à leur imagination et à leurs passions. On cesse donc d'appliquer au:^ faits de prodige et aux événements dits surnaturels la règle commune des témoignages. On ne nie point, ou du moins on ne doit pas nier l'extraordinaire quel qu'il soit tiomme extraordinaire, ni le surnaturel apparent en Tcrtu de cette apparence , d'ailleurs difficile à défînjr ;
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d'autant plus que nul ne peut dire où fiait la natOR, ni ce que c'est qui n'est pas elle. Hais on rédaae pour tout fait extraordinaire une constatation en qudque sorte extraordinaire aussi, par l'esprit de rigueor, d'exactitude et de précision qui doit y être apporté; ei lorsqu'il s'agit d^un fait impossible & reproduire poor l'examen , on demande des témoins impartiaux , captblés» instruits, bons observateurs, doués de respril scientiQque et médiocrement disposés à croire. Cesooiditions sont déjà difficiles à remplir pour les faits cootemporains. De toutes contraires se rencontrent m beaucoup de cas, surtout quand les témoins appartiefr nent à l'antiquilé ; toujours, quand ils attachent avs enthousiasme, dans un milieu fanatique, les premien anneaux d'une chaîne de traditions de merveillei. Maintenant, si nous tenons compte de l'affaiblissemefll de valeur d'un témoignage dans une suite de transmit' sions, et dans une suite à part du cours commun di l'histoire, lequel se compose au contraire d'une mullilude de séries diverses et concordantes ; si nous affectons la crédibilité du récit, d'un cooQcient exigé par laniturc du fait auquel il se rapporte, puis d'un autre, fondé sur les dispositions morales de ses auteurs superposés, ce dernier élevé par conséquent à une certaine puijsance; quelque loi et quelques nombres que noos adoptions, nous arrivons nécessairement à une probsbiUlé si faible, qu'elle équivaut à une négation pratique des plus certaines. Or, ces motifs de renverser leuis traditions sacrées, les peuples émancipés en ont le sentiment très nett quoique peutHHre un petit nombre de
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inU* soient en état d'en apprécier les limites posi* s au* moyen du calcul des probabilités. fais pendant que le contrat devient tout humain, et g^rande partie actuel, il retrouve une nouvelle unité is le temps, par Tbistoire même de ses variations et lois que la liberté n'empêche pas d'y apparaître. La ire dos traditions rompue se renoue sur un autre Qcipe, le principe du progrès. Au lieu de l'étroite idarité de vie et de croyance qu'imposent à tous une (pour toutes quelques ancêtres, léguant à la longue tedeleurs générations d'esclavesles premières chaînes it l'ignorance et la passion les chargent eux-mêmes, ouvre los yeux sur la vaste association où s'unissent rement l«s hommes du passé, du présent et de l'ave- ; dans la tâche d'un travail commun, par les efforts les succôs divers de la recherche de la vérité et du
En définii;sant les principes généraux de l'autorité et la liberté, ainsi que leur jeu dans la personne et dan» îsloire, j'ai exposé ce qu'un traité de la certitude peut ifermer de plus général sur l'affirmation extra-scienque, en tant qu'y interviennent le témoignage, Texemit la tradition et l'habitude , en regard de la liberté nonnelle. J'ai fait entendre aussi de quelle manière geore d'affirmations, au fur et à mesure du progrè» lia liberté, vient à relever de la critique, c'est-à-dire es méthodes des sciences, et jusqu'à un certain point A la science elle-même. Mais la nature des appréciaions que la critique exige est telle ici que les probabili-