DÉFINITION ET GRNRES DE LA PROBABILITÉ MORALE
lés qu'on suppute ne sauraient s'évaluer avec une entière exactitude mathématique. Delà une part très grande laissée à la liberté , et k l'autorité aussi , puisque la liberté peut user d'elle-même pour se combattre» pour se livrer, pour se nier. Toutefois quelques hommes ont la force de soumettre leurs appréciations, quoique morales, à des règles solides, suggérées par l'eipérience et le bon sens, et de soustraire l'esprit de recherche et d'examen à l'empire de l'hypothèse ou du préjugé. Ceux-là forment à chaque époque, et entre eux à travers les siècles, une grande école qui devient une autorité à son tour. Ils nous transmettent, et des vérités acquises, et, ce qui vaut mieux encore, une méthode pour en acquérir.
J'appelle probabilité morale une crédibilité dont certains éléments peuvent bien comporter l'évaluation mathématique, mais de laquelle pourtant un ou plusieurs motifs essentiels échappent au calcul. Elle se forme, non par un procédé exclusivement logique ou expérimental, mais du concert des fonctions humaines appliquées à juger d'une vérité qui n'est ni d'analyse intellectuelle pure, ni de fait actuellement sensible, et qui, de sa nature, ne saurait ni se démontrer avec rigueur, au moyen de principes fixes et universellement reçus, ni s'appuyer sur des motifs propres à se transmettre inflexiblement d'une conscience à l'autre, ni enfin éviter une intervention manifeste et variable de la liberté dans le mouvement de l'esprit qui les pèse.
L'établissement public des» vérités physiques et naturelles n'est pas proprement du domaine de la proba-