DB LA FINALITË D;LNS LE RÈGNE ANIMAL
tendances (I). Ne parlons pas maintenant de celte vie presque latente et de ces passions obscures, mais progressivement manifestées dans la marche cosmique des règnes organiques , ainsi que par Téchelle des êtres soumis À notre investigation ; mais prenons les animaux parvenus à un complet développement d'organes, et voyons la finalité travailler dans leurs consciences. Elle agit d'abord sans réflexion, sans discernement, et d'une manière d'autant plus indubiteble pour nous qui jugeons par des effets constents de l'invariable instinct auquel ils sont dùs« Ce monde si vaste des instincts, où nous-mêmes nous plongeons par une grande et indispensable partie des mobiles de nos actes, se compose d'une harmonie de moyens et de fins ordinairement successives et enchaînées, et dont chaque état de conscience témoigne, quelque peu réfléchi que cet élat puisse être, dès-lors qu'il se détermine pour les poursuivre. Je ne m'obligerai pas ici, non plus que je ne Tai fait ci-dessus en signalant Tordre le plus général des fins de la nature, à tracer un tableau familier à toutes les intelligences, quoique trop [leu compté par les philosophes : celui des afTeclions ou passions instinctives qui président à la conservation, à la vieaclive et à la propagation des d -^imaux de tous les genres. Les arts de la conslruclicii et de la chasse, les habitudes singulièrement constantes des individus de chaque espèce , nous oHrent un nombre indéfini d'appli-
(!) Cabanis. Lettre sur les causes premières, p. 4* cl Wilf Péd. origin.
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loi de finalité sous le mode d'autant de uriables qui les dirigent et en sont les ibies, indéniables, sans intervention de t proprement dit. D'ailleurs, quelques imuns diront tout et tiendront lieu de l'hisdes animaux, partout semblable ù ellee point de vue, depuis les plus infimes u'aux oiseaux, aux poissons et aux mamle travail tomnambulique de l'insecte, si !sé par Guvier, et dont les cellules de l'acas toujours cité ; c'est la passion plus la poule, que nous voyons éprouver le icurseur de la maternité, en exprimer les »nfus, en préparer les moyens de satisfac* luivre les fins graduelles, pendant que nul on sens ne peut croire qu'elle sait par >u par tradition, ou par raisonnement, QtTe, et que tels et tels procédés lui per- ) devenir, et tels autres plus tard d'assurer )n de sa progéniture.
lira pas ici : l'oiseau ne fait point son nid ! la génération, il ne couve point pour cette si la poule appelle ses poussins longtemps aissance, elle ne les pressent pourtant ;'est parce que l'oiseau fait son nid, couve k'c ses petits, que, de fait, sans intention auses delà reproduction posées, la repro-* 11. Quiconque n'a pas le malheur de reimaux comme des machines (un malheur pas) sait que, dépourvus de réflexion et
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de Yolonté délibérante, mais doués d^maginalion, d'aïfecfion et de sensibilité, ils ont la consdrace infiméet sous certaines conditions physiques, par des Àdei constantes de représentations figurées, impresintes, déterminatives de leurs actes. La production de ces sorte de phénomènes réglés et actifs, avec leurs images motrices internes et leurs corres^ndances extérieures, sans qu*il intervienne aucune combinaison réfléchie et délibérée des moments et des moyens successifs, voilà ce qui établit entre la nature inorganique, où Tespil de finalité est plus latent, et la nature humaine en liquelle cet esprit atteint la pleine lumière, certains ordres de fins, fondions enveloppantes des phénomènes, lob vérilables dont le caractère n*est pas moins positif que paut Tétrc celui des fonctions organiques elles-mêmes. A mesure qu'on s'élève dans le règne animal, on voil la finalité, guide des instincts, conserver toute sa force, mais en mônic temps les passions se mouvoir dans un champ plus large, et la spontanéité projeter des actes moins élroitemcnt déterminés, comme si la réflexion allait naître et que, avant Tapparition de la liberté, qui peut faire et défaire des fins, celles-ci dussent en quelque sorte se relâcher et cesser d'être des prescriptions aussi invariables. Quand on passe à l'homme, on assiste à un dédoublement de l'ordre des fins. Les unes persistent dans toute l'énergie de leur préordination naturelle : elles président à des classes entières d'actes instinctifs et qui restent toujours tels ; sans elles, il est manifeste que la conservation des individus et la permanence de l'espèce seraient plus que douteuses, cor la
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liberté Tecant à s'appliquer sans réserve aux conditions essentielles de Teiistence, et & les poser ou supprimer sans obstacle, au milieu de Tignorance où nous sommes d'ailleurs de tant de choses indispensables, cette existence même se trouverait gravement compromise. Les autres , les fins nouvelles et variables , se présentent sous une pleine illumination de la conscience qui se les propose et en ordonne les moyens. Le bien (le bien moral] et le beau sont leurs formes. La liberté les démêle, les compare, les unit, les oppose, en tenant compte de celles qui, provenues de l'instinct, se rangent en partie dans le domaine des volitions. Un choix est fait entre elles, une ordination se produit que la nature ne prescrivait point au nombre de ses lois, et l'homme, trouvant en partie sa destinée faite, en partie aussi se fait sa destinée.
La loi de la finalité, reconnue dans l'être, peut s'énoncer rigoureusement Yexistence d'une destinée de rStre. Cela posé, ce que nous apercevons de cette destinée dans les règnes organiques (principalement dans le règne animal] nous offre deux paris bien tranchées: Tune regarde l'individu une fois produit, quel qu'il soit, sa conservation et son développement entre les limites de la naissance et de la mort, tout autant que les fins qu'il appète se trouvent compatibles avec les fins analogues des autres êtres, et ne viennent pas traverser l'irrésistible cours de quelques lois plus générales. L'autre part de la destinée comprend la propagation des individus, les uns moyennant les autres, et le