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Bxamen des Ihèsea de Ut raison pratique de Kant.
Les considérations léléologiques présentées ci-dessus pèchent par excès de généralité sans doute. Je les préciserai en passant du point de vue de la nature et des fins les plus universelles au point de vue propre de Thomme et des fins de la conscience. Des deux grands principes qui gouvernent, ai-jc dit, toute la critique de la raison pratique ou morale, la finalité, la liberté, après avoir déduit les conséquences majeures du premier, j'aborderai celles du second. J'aurai enfin (dans la mesure de ce qu'on doit exiger de moi) à rendre compte de la probabilité, de la possibilité tout au moins d'un qrdre physique, apte à la conservation indéfinie des êtres
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individuels et au déroulement de leurs destinées. Mais ayant de continuer cette exposition, il est à propos de formuler un jugement motivé sur une œuvre philosophique analogue à celle que j'entreprends. Je veux parler de la Critique de la raison pratique de Kanl, c'està-dire d'une conception capitale, unique, entièrement méconnue aujourd'hui, et de tous, à cause de la méprise étrange où son auteur est tombé dans la poursuite d'une pensée en elle-même forte et profonde. Lorsque des préjugés invétérés réclament une condamnation en bloc, et que le prétexte de la porter se trouve si aisément, tout est dit, les générations pensantes se suivent et se répètent; nul ne s'arrête plus à démêler le génie et l'erreur, la vérité et la faute : c'est Colomb naufragé dans son premier voyage, à quelques lieues des côtes du Nouveau-Monde, atteint et convaincu d'avoir cru mener ses compagnons aux Indes orientales de Rubruquis et de Marco Polo ! Assistons donc à ce grand naufrage; cherchons ensuite le vrai Nouveau-Monde.
Kant a donné cet énoncé si beau et si connu de la loi morale :
« Agis de telle manière que la maxime actuelle de ta volonté puisse être ( alias que tu puisses vouloir qu'elle loit) toujours et en même temps le principe d'une législation universelle. x>
Je ne dois pas discuter ici les fondements de la morale comme science, mais il est indispensable que je sigDale l'erreur commise par Kant touchant la nature de sa propre formule, parce que cette erreur est le point 4e départ de tout ce que sa critique de la raison pra-
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tique renferme à la fois de chimérique et de trop ooq» forme aux doctrines qntologiques dont il semblait qie sa critique de la raison pure eût afifranchi la philosophie.
Kant attribue à la formule de la loi morale une valeur et en quelque sorte une existence de forme pure, indépendante de tout objet proposé à la volonté, de touto matière empruntée à Texpérience. Cette abstraction est permise, mais seulement si on Tavoue pour telle* car il n'est pas possible d'admettre que la volonté se déiarmine jamais sans objet particulier, ni que, en appliquant la loi abstraite, la conscience puisse n'être pis touchée d'autre chose encore que de cette loi même. L'objet particulier apporte, dans la détermination la plus purement morale, d'inévitables éléments passionnels, un sentiment du bien, eu égard au but et aux conséquences attendues de Tacte, et non pas seulement eu égard à raccomplissement du devoir. Et ce qui touche la conscience, outre la loi qui lui est prescrite, c'est que l'application de la loi profitera à des êtres auxquels elle n'est point indifférente. Sans doute, il y a des cas où la loi morale oblige l'agent à nuire à de tels êtres, et à ceux mêmes qui lui sont le plus chers (à leur nuire selon nous, et autant que s'étend la portée de notre jugemett qui s'arrête aux premières fins); mais alors elle ne conserve sa vertu impérative pour nous que grâce à la conviction où nous sommes que l'intérêt général, attachée sa teneur sans réserve et à sa rigide application, l'emporte sur l'intérêt particulier, qu'elle nous commande de mépriser. Et en effet si ce n'étaient la rareté d'uue forte