DISCUSSION DE LA FORHULK DE LÀ LOI MORALE
conviction de ce genre parmi les hommes* et la rareté tsbrrespondanle des sentiments, des passions d*objet Universel ou lointain qui peuvent s*y joindre [et que Ton qualifie si habituellement de fanatisme}, on ne verrait pas la loi morale presque toujours violée quand die se trouve en opposition avec les bons sentiments de la nature humaine.
La faiblesse de cette tentative de Kant pour donner & Ba formule une valeur si radicalement abstraite ressort clairement de la formule elle-même. On a le droit de loi demander comment et pourquoi la conscience ne 'peut pat vouloir que certaines maximes de conduite . deviennent des principes de législation universelle, ou I ^comment et pourquoi ces maximes ne peuvent pas être I ces principes, au jugement de la conscience, ce qui re- : ^ent au même. Le philosophe ne saurai,t se plaindre f 'que la question porte sur un fait primitif et inabordal)Ie, car chacun peut y répondre aussitôt, et d'une matliëre uniforme, en remarquant que la conscience ca- ^pable de vouloir généraliser le mal, et l'ériger en législation universelle, devrait de deux choses Tune, ou Vavoir pas la moindre notion des conditions nécessaires *âu maintien delà société humaine et de l'existence même *êbB êtres, ou viser sciemment à la destruction de Tuniirers. Dans le premier cas, l'idiotisme est supposé à ce degré où la conscience n'existe plus, et cependant on la suppose, en parlant pour elle de généraliser et de lé- 'giférer. Dans le second cas, la parfaite scélératesse ne trouverait point un obstacle dans une loi abstraite que précisément elle ne connaîtrait pas, puisque de sa nn--
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lure eWe pourrait vouloir ce que, selon Kant, (huv peut pa% vouloir. Il faut donc arouer qoe le moral, la passion du bien, Tamour des âtiessool^ éléments de la loi et des conditions de sa reprend talion.
Nous repousserons en même temps le paradoxe |a Kant énonce encore de celle manière : « La notioii di bien et du mal n*est le foodement de la loi morale q|tf« apparence; elle n'est pas déterminée arant dle^li contraire, sa détermination en procède. » La loi moiafe ne peut être comprise ui définie sans la notion du tnea et du maU nous venons de le prouver par l'énoncé méfu de Kant. Mais la notion du bien et du mal n'atteint 50i universalité et sa pureté que lorsque la loi morale est conçue de manière h produire une formule abstraite, voilà ce qu'on doit accorder. Que la morale soit donc universelle; qu'elle soit désintéressée autant que cette universalité Texige; c'est assez pour que nul ne puisa l'accuser justement d'être tout empirique, ou de réduire le bien à ce qu^on nomme vulgairement Vutile, Mais si elle prétend s'établir dans Vapriori pur» sans éléments tirés de rexpérience, et des impressions du sujet senàble, elle se rend étrangère à la rwnon pratique donl elle veut être l'interprète; elle ouvre dans la science uœ entrée détournée aux chimères, inutilement bannies de la rai$on pure.
J'aurais pu m'en référer, sur cet important sujet,! ce que j'ai établi touchant l'indissolubilité des grandes fonctions humaines et l'essence complexe de la certitude, mais j'ai préféré me tenir plus près de la peosù!