MONADOLOGIE
se retrouvent accrues et désormais insolubles, h l'état de contradictions flagrahtes, toutes les difficultés qu'il était question d'éviter. La cause substantielle et transitive, expulsée du monde, s'intronise à l'origine du monde ; des lois que toute la science possible consisterait à reconnaître sont contraintes d'entrer dans une loi première, inexplicable, imaginaire, contradictoire; et c'est le même métaphysicien qui reproche à ses prédécesseurs l'usage d'un dcus ex machina, dans le système des causes occasionnelles, qui met ainsi toutes les causes en acte, à la fois et en bloc dans un être extérieur au monde, afin de les mieux concevoir.
Ainsi donc Leibniz imagine les corps comme des
machines tellement construites que, à tout instant de
la série interminable de leurs modifications, chacune
de leurs parties dernières , en nombre infini , forme
spontanément certaines représentations, ou exécute
spontanément certains mouvements, représentations et
mouvements concordants pour le plan total avec ceux
qui sont propres aux autres parties : les monades âm«
agissent suivant les lois des causes finales, par appéti-
tions, fins et moyens ; toutes les autres se conformen'
aux lois des causes efficientes ou des mouvements. Ni
pensons plus maintenant à cette loi universelle, en ton
que préétablie ; considérons-la comme un fait suprême
et sans lequel aucun autre fait ne se comprend, l'har
monie donnée entre des phénomènes appartenant & de
centres divers de représentations. Une difficulté rest
pour le système, c'est l'opposition mise entre les deu;
ordres de causes, d'où, logiquement une diversité es
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sentielledeyraits'ensuivre entre les monades qui possèdent les unes et celles qui ne font qu'obéir aux autres. Mais puisque toutes les entéléchies sont représentatives et appétitives, et c'est là leur définition même» comment pourraient-elles agir sans poursuivre des fins appropriées à la nature et à l'étendue de leurs vues ? £t si les dme$ sont toujours liées à des corps, c'est-à-dire aux monades composantes de ceux-ci, ne faut-il pas qu'elles se meuvent, et leurs mouvements sont-ils moins assujétis que ceux d'une monade quelconque au principe général de la causalité efficiente? Le sens que Leibniz donne à cette distinction nous échappe. Peut-être n'y doit-on voir qu'un reste d'attachement pour le mécanisme cartésien qu'il avait embrassé dès sa jeunesse, un désir de conserver dans lia nature, ainsi que dans la science, un règne séparé de la figure et du mouvement, et, en faveur de la théologie, un règne des finalités entièrement consacré aux âmes. Cependant la puissante unité du système aurait exigé que la direction des modifications intérieures et spontanées de toutes les monades fût attribuée aux causes finales, différentes, il est vrai, les unes des autres, par la nature et la conscience plus ou moins distincte des fins, tandis que les causes efficientes externes rentrent toutes dans la loi d'universelle harmonie.
En résumé, quand on sépare de la conception des monades un certain résidu de théologie et de psychologie vulgaires, on y trouve encore un vice capital : c'est l'exclusion donnée à toute une partie des lois nécessaires de la représentation; Leibniz éloigne loiilo fonc-
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tion tiVHondue et de flgure de la conslitulion de celle unité radicale dont il admet pourtant la multiplicité d'attributs, de facultts et d acles* Par là, le système, étranger à la nature, est impuissant à descendre jus* qu'aux faits, r' l'-w^/.-;*,...^ i.^j échappe*
L'irapossib ^mpte des évolutions na-
turelles des âd Sration et de la mort, en-
gagea l'auteur )gie à prendre un grand
parti, et lui-mi t^ement du motif. On peut
dire qu'il rem; res mains ce qu*il y avait
de faussement ses conceptions, et qu'à
une hypothèse de chimères il substitua une supposition compatible avec les réalités. Il n*est point d'àmes entièrement séparées, dit-il, point de génération ni de mort à parler rigoureusement, Uentéléchie d'un être vivant quelconque, même végétal, est liée à un corps organique naturel, inséparable et impérissable, dont les éléments varient sans doute, et varient continuellement, mais qui persiste à travers ses modifications et ses métamorphoses, La génération est le développement d'une forme organique préexistante; la mort en est Tenveloppement, le repliement et la diminution. Le germe, où une certaine préformation est nécessairement donnée, est déjà, s'il s'agit du règne animal, un animal, un toot indissoluble de corps et d'âme. Tantôt Tôlre naît, se reproduit et meurt, sans changement d'espèce; lantdt la conception dispose l'animal spermalique à une certaine grande transformation, elTespèce change. Ce dernier cas a lieu dans la génération des grands animaux.