‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 151 sur 193 · LA LIBERTÉ SELON KANT · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ SELON KANT

tdes formes du philosophe, dont il faut bien connaitre I méthode pour se faire une idée de la correction raicale qu'elle exige. Nous allons voir maintenant Tereur et ses conséquences s'éclairer mutuellement.

La première de toutes concerne la liberté qui, grâce Yapriori absolu, au rationnel pur, à l'intelligible sans lélange, va servir à Kant à créer des êtres en soi, des oumènes.

n remarque d'abord, et avec raison, que la loi moale implique la liberté. Mais comment développe-t-il elte vérité? La loi morale étant pour lui pure, absolue, ans condition quelconque d'objet ou de matière, la voonté libre qui s'y applique est à son tour liberté absouCf lentièrement indépendante des phénomènes, ce qui ttt très logique ; et une telle volonté implique à son tour me loi morale inconditionnée , puisqu'elle ne peut se létcrminer par rien qui soit du domaine de l'expérience. Enfin cette liberté impossible, sans appui dans les phélomènes, où la placer? Dans un être en soi, dans un îoumène, cause intelligible donnée dans un monde Mirement intelligible comme elle , où elle a sa réalité objective. Ainsi se trouvent rétablies les notions vides tant an ne saurait en aucune manière déterminer la tature, c'est Kant qui parle, et cela au moment même )ù il opère ce rétablissement. Mais nous ferons de cette déc, dit-il, un usage purement pratique. Il est bien i)izarre qu'un usage pratique puisse être fait d'une nolion vide I On croira plus vraisemblablement que la nolion vide compromet ou falsifie l'usage pratique de

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quelque rérité plus râeUonent intelligihis usurpe la place (1).

C'est un spectade carieui et instructif que ceTin philosophie qui, après avoir chassé de la théorie ta abstractions enUfiées et tout ce qui n*est point phcoG^ mène, se trouble et recule eu face d'ellt^mêoiet aupfot de rameuer ces mêmes abstractioos comme feude^pHp delà pratique, el de surpasser* dans cette nour^ql rière, les doctrines les plus détachées de Texpérienoe^ L*ètre eu soi oe pouvant revenir de loi -même, la Ifloi soi lui firaie le chemin. L'ahstractiou ontologique restt» à la suite de la loi morale érigée en abstraction lo^tj^ Tel est le pouvoir de la tradition jusque sur les (tp fermes génies I

On pensera peut-être que Terreur de Kant a èl trouver une sorte de compensation dans la plénitodi et TéncrgiG de la nolion qu'il se formait de la Wb&H. Loin de U ; les fautes sont rarement utiles ; la liberté, envisagée dans un être en soi qui a ses lois propret, hors de l'expérience, séparée des phénomènes inlellwtuels el moraux dont la possibilité ambiguë cooslitai tout ce que nous savons d'elle, devient une chimèn aussi et va s'évanouir. La volonté, dira Kant, dèsqu*di est indépendante de toutes causes étrangères, doit éM une causalité agissant par des lois immuabtett ^ d'espèce particulière, car autremenl vue volonté liin serait quelque chose de chimérique . (2). C'est ad-

(I) Kant. Critique de la raison pratique, I. K

(3) Ktot. Fondement de la niétc^hysique des tirauri*

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