LA DIVINITÉ SELON LA RAISON PRATIQUK DB KANT
lue science surnalurellc et surintelligible la plus absriise. Celle-ci, dans la métaphysique enflée de contralictions où elle s'engage, n^oilre ni à la raison des vérités le raison, ni à la foi passionnée des objets que l'imagilation atteigne et que l'amour adore.
Pressé de faire table rase pour l'apparition de la :ause en soi , Eant va beaucoup plus loin qu'il n'est permis, en supposant que l'harmonie de la nature et de la loi morale ne peut résulter ni de l'une ni de l'autre de ces données. Et d'abord , pourquoi pas de toutes deux ensemble? Pourquoi diviser ainsi, et chercher une cause, un effet, là où il s'agit d'une loi , d'une concordance entre deux ordres différents de phénomènes? Est-il donc nécessaire de connaître l'origine d'une loi pour poser que cette loi existe? Or il s'agit ici d'une origine première, et nulle de. ce genre n'est connue ni connaissable. Consentons cependant à séparer la nature et la loi morale, et considérons-les comme causes mutuelles, mais dans le monde de l'expérience. Nous dirons alors : il n'est point évident que la nature ne tend pas de son côté à produire l'harmonie. En effet, la loi morale ne peut après tout s'observer que dans le règne de la nature , puisque la conscience n'existe que sous des conditions de temps, d'espace et de qualités ou Forces physiques ou organiques ; si donc l'apparition même de la loi morale est harmonique avec la nature, il ne faudrait pas s'étonner davantage que la satisfaction finale de cette loi fût une suite de cette harmonie prolongée à travers les phénomènes possibles. Réciproquement, il n'est pas juste d'affirmer avec Kant que la