‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 157 sur 193 · LA DIVINITÉ SELON LA RAISON PRATIQUE DR KART · texte numérisé non relu

LA DIVINITÉ SELON LA RAISON PRATIQUE DR KART

Deux choses lerribles font exceplion à l'harmonie que la conscience cherche dans le monde, et qui. ftattout où elle éclate, est pourtant ce monde lui-même, ob monde tout entier, cette conscience tout entière. Ce sont, du côté de la nature, la mort; du côté de la volonté, le mal moral. La mort, j'entends l'anéantissement des individus comme tels, surtout des personnes, cst-elte réelle? Alors la cause suprême qui vient nooi rendre la vie nous apporte un miracle, et. miraculeuse elle-même, établit un ordre mystique en contradictioa avec les lois de la nature. Le penseur qui accepte cette . solution, non-seulement sort par là de la science, c'està-dire de l'expérience et de la raison, mais encore en l'abandonnant il la nie, et se sauve sur ses ruines. Tel ne doit pas être le salut d'un philosophe. Hais la réalité de la mort n'est ni ne peut être démontrée. Alors donc subsiste dans le monde, ô mon espérance . et ne t'envoie pas dans ces régions où ne se trouve môme point un éther qui porte tes ailes!

L'existence du mal moral, aux yeux de quiconque a foi en l'harmonie, n'a jamais trouvé qu'une exphcalion raisonnable, la liberté. Vraie ou fausse, la raison du désordre dans l'ordre est unique ; il faut qu'elle rende compte de la possibilité du mal par la donnée d'un bien incomparable, condition de tous les biens moraux, devant lequel par conséquent les maux éventuels que renferme la possibilité du mal soient justifiés. Ce bien incomparable est la liberté, celle condition de tous les biens moraux est la liberté, et la liberté est la possibilité du mal. Or, dans la méthode «jui pose des faits, re-

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